Affaire Duhamel: Louis Schweitzer élu président par intérim de la Fondation qui gère Sciences Po

M.D.
·3 min de lecture
Louis Schweitzer, le 9 novembre 2018 à Paris - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP
Louis Schweitzer, le 9 novembre 2018 à Paris - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

L'onde de choc causée par les accusations de viols sur mineurs contre le politologue Olivier Duhamel a causé ce mercredi de nouveaux remous à Sciences Po. Louis Schweitzer, 78 ans, a été élu provisoirement à sa place à la tête de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui assure la gestion de l'établissement.

L'ex-patron de Renault a été élu "avec 22 voix pour et un vote blanc", en même temps que l'économiste Jean-Paul Fitoussi "aux fonctions de vice-président du conseil", a annoncé Sciences Po dans un communiqué. Louis Schweitzer a en revanche précisé qu'il "n'envisage pas d'être candidat à la présidence permanente".

L'affaire a éclaté début janvier avec les révélations de Camille Kouchner dans son livre La Familia grande, qui dénonce les agressions incestueuses qu'aurait imposées son beau-père, Olivier Duhamel, aujourd'hui âgé de 70 ans, à son frère jumeau quand il était adolescent à la fin des années 1980.

Appels à la démission du directeur

Ce mercredi, Sciences Po a mis en avant son objectif de "poursuivre et de porter une ambition renouvelée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, en lien avec Frédéric Mion, directeur de Sciences Po et administrateur de la FNSP". L'institution affiche ainsi son appui au directeur, qui a admis avoir été alerté dès 2019.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi soir sur le site de Libération, plus de 500 étudiants, professeurs et salariés de l'école ont redemandé son départ "suite à sa gestion des accusations d'agressions sexuelles et de viols incestueux contre Olivier Duhamel" et appellent à des rassemblements "les 18 et 25 janvier" devant Sciences Po.

Selon Le Monde, Frédéric Mion avait initialement confié son intention d'avertir le préfet d'Ile-de-France et ancien secrétaire général du gouvernement Marc Guillaume. Interrogé par le quotidien, Frédéric Mion a toutefois démenti l'avoir fait.

En début de journée mercredi, le préfet d'Ile-de-France Marc Guillaume a annoncé qu'il quittait la FNSP en se disant "trahi" après avoir fréquenté Olivier Duhamel "depuis des années". Il a dit aussi "condamner absolument ces actes".

"J'ignorais totalement l'existence de tels crimes avant la parution de ce livre et des articles l'annonçant", a assuré Marc Guillaume dans son communiqué.

Parisot réclame une enquête interne

Ce mercredi, Laurence Parisot, l'ancienne présidente du Medef et membre du conseil d'administration de la FNSP a réclamé sur BFMTV la mise en place d'une enquête interne à Sciences Po.

"Il faut que Sciences Po tire les enseignements, plus que n'importe quelle autre école, de cette situation-là. Donc je crois qu'il faut qu'il y ait des mesures pour qu'on comprenne bien comment ça a pu rester caché, pour qu'on comprenne bien, aussi, s'il n'y a pas d'autres faits abominables, condamnables, commis par Olivier Duhamel", a affirmé l'ex-présidente du Medef.

Elle a en revanche refusé de demander la démission de Frédéric Mion. "Il faut faire attention à ne pas mélanger la dimension monstrueuse de l'ancien président (de la FNSP) et quelques erreurs peut-être commises par l'actuel directeur de Sciences Po", a-t-elle plaidé, appelant à ne pas faire "d'amalgame" entre les deux.

Article original publié sur BFMTV.com