Affaire Duhamel : faut-il lever les délais de prescription ? Entretien avec Laurence Rossignol

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Les accusations de Camille Kouchner concernant l'inceste dont aurait été victime son frère jumeau relancent le débat sur la prescription. Pour Laurence Rossignol, sénatrice PS et ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, lever les délais pourrait se justifier dans certains cas.

Marianne : Dans La Familia grande paru récemment aux éditions du Seuil, Camille Kouchner, fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner, affirme que son frère jumeau aurait été victime de viol incestueux de son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, lorsqu'il avait 14 ans. Comme lors de l’affaire Springora/Matzneff, le délai de prescription semble passé. Celui-ci protège-t-il abusivement les coupables au détriment des victimes ?Laurence Rossignol : Ce qui protège les auteurs, c’est d’abord le silence et le déni, bien avant la prescription. Le silence des victimes sous emprise, le silence complice des témoins, le silence pour protéger l’institution qu’est la famille. La même injonction au silence qui protégeait l’Église. C’est une question idéologique : la Famille est un enjeu politique, elle doit être toujours glorifiée, fût-ce au prix du mensonge sur les violences qui s’exercent en son sein.Les délais des prescriptions ont été portés à 30 ans, à partir de la majorité de la victime. Ce qui signifie que la victime peut saisir la justice avant d’atteindre 48 ans. Cet allongement date de 2018. Il faut également avoir en tête que la loi pénale n’est pas rétroactive....

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