Affaire du "col de Dyatlov" : comment la science a fini par résoudre l'un des faits divers les plus mystérieux

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Soixante ans après la découverte de neuf randonneurs morts dans d'étranges circonstances en 1959 dans les monts Oural, en ex-URSS, deux chercheurs suisses sont parvenus à démontrer ce que la justice russe n'avait jamais réussi à prouver : une avalanche survenue à retardement aurait causé indirectement leur décès.

En février 2019, la Russie rouvre pour la troisième fois l’enquête de l’un des faits divers les plus énigmatiques de son histoire contemporaine : celui du "col de Dyatlov", du nom du leader d’un groupe d’alpinistes dont les neuf membres ont été retrouvés morts en février 1959 dans le nord de l'Oural, sur le versant est du mont Kholat Syakhl ("montagne morte" dans la langue des Mansis, le peuple local). À l’époque, l’affaire avait fait l’objet d’intenses spéculations : on évoqua des essais militaires secrets menés par l’armée, une attaque de yéti et même une intervention d’extraterrestres. Il faut dire que les conclusions avancées par les autorités soviétiques, attribuant la cause du drame à "l’intervention irrésistible d’une force inconnue", avaient contribué à stimuler l’imagination collective.

Le groupe d'alpinistes à ski au dernier jour de leur expédition. Crédits : Courtesy of the Dyatlov Memorial Foundation

Soixante ans plus tard, le procureur en charge de l'affaire, Andreï Kourianov, a rappelé que 75 théories différentes ont été étudiées par les enquêteurs, certaines d’entre elles ayant été "immédiatement écartées". Et de préciser lesquelles : " fantasmagoriques incluant des ovnis ou toutes celles paranormales." Pourtant, la conclusion de cette nouvelle investigation – une avalanche aurait surpris les alpinistes durant leur sommeil – n’a toujours pas convaincu les familles des victimes et le grand public. Toujours ce manque de preuves, toujours ces éléments étranges.

À l’annonce des résultats de cette dernière enquête, Johan Gaume, directeur du Laboratoire de simulation des avalanches à l’École polytechnique de Lausanne, reçoit un coup de fil d’une journaliste du New York Times. Cette dernière veut avoir son avis d’expert : est-il vraiment possible que les alpinistes soient bien morts dans une avalanche comme le suggère le Parquet général de Russie ? "Je ne connaissais rien à cette affaire, alors je lui ai demandé de me laisser 24 heures pour pouvoir étudier[...]

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