Affaire Bouthier: l'un des suspects remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire

Un relief représentant le blason de la justice et sa balance à Paris - Jacques Demarthon © 2019 AFP
Un relief représentant le blason de la justice et sa balance à Paris - Jacques Demarthon © 2019 AFP

Leïla R., mise en examen pour proxénétisme aggravé dans l'affaire Jacques Bouthier, est sortie de prison vendredi 23 décembre, et a été placée sous contrôle judiciaire, a appris BFMTV ce mercredi. Après une demande de remise en liberté rejetée par le juge des libertés et de la détention, elle a fait appel de cette décision et obtenu gain de cause devant la chambre  de l'instruction de la Cour d'appel de Paris.

Cette femme, représentée par Me Ian Knafou, est soupçonnée d'avoir joué le rôle de rabatteuse pour Jacques Bouthier, en lui présentant la principale victime, sa propre cousine, Fatima M., alors âgée de 16 ans. Devant la juge d'instruction fin octobre, Fatima M. a expliqué être arrivée en France depuis le Maroc à l'âge de 14 ans. Selon ses déclarations, Leïla lui a présenté Jacques Bouthier, lui disant qu'elle pouvait gagner 200 euros en passant quelques heures avec lui.

La suspecte nie toute implication

Fatima M. affirme ensuite avoir été soumise à des rapports sexuels non consentis avec lui. Elle explique même avoir dû s'installer dans un appartement de Noisy-le-Sec, prêté par Jacques Bouthier, où elle a régulièrement été contrainte à des rapports sexuels avec lui en échange d'argent. "Je ne pouvais rien faire, je n'avais pas de parole, je ne pouvais rien dire", explique-t-elle. Des accusations que Leïla R. nie en bloc:

"Je ne sais pas d'où elle invente tout ça, mais elle est très forte. Spielberg à la marocaine."

Jacques Bouthier, toujours en détention provisoire

La mise en cause est également suspectée d'avoir présenté à l'ancien patron d'Assu 2000 une autre jeune femme qui a eu des relations tarifées avec Jacques Bouthier. Celle-ci affirme avoir vécu un certain temps dans ce même appartement prêté par l'ex-PDG de la compagnie d'assurance.

Le riche homme d'affaires de 75 ans est accusé d’avoir mis en place un système lui permettant d’abuser de jeunes filles mineures. Il a été mis en examen en mai dernier et placé en détention provisoire à l'issue d'une enquête préliminaire ouverte mi-mars, avec cinq autres personnes, notamment pour "traite d'êtres humains" et "viols sur mineure". À ce stade, quatre victimes ont été identifiées par la Brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne, rapporte RTL. L'instruction est toujours en cours et les enquêteurs tentent de retrouver d'autres victimes potentielles.

Article original publié sur BFMTV.com