Affaire Benalla: Ariane Chemin, la journaliste à l'origine du scandale, convoquée par la DGSI

Anthony Berthelier
PARIS, FRANCE - SEPTEMBER 19: French President Emmanuel Macron's former security officer Alexandre Benalla attends a hearing by senators at the French senate, on September 19, 2018 in Paris, France. Benalla faced a senate hearing after a video released on 19 July 2018 showed him wearing a riot helmet and police uniform while attacking protesters during demonstrations on May 01, 2018. (Photo by Chesnot/Getty Images)

POLITIQUE - “L’inquiétante convocation d’une journaliste du Monde pour des articles sur l’affaire Benalla.” C’est le titre de l’éditorial de Luc Bronner, le directeur de la publication du quotidien du soir, publié ce mercredi 22 mai et qui informe ses lecteurs de la prochaine audition de la journaliste Ariane Chemin par la Direction générale de la sécurité intérieure. Plus précisément, celle qui a révélé les faits de violences commis par l’ex-proche d’Emmanuel Macron sera entendue par les policiers de la section des atteintes au secret de la défense nationale.

Toujours selon le texte, l’enquête vise les articles de la rédaction à propos de ce scandale et de ses nombreuses ramifications. Les fonctionnaires s’intéressent notamment aux révélations sur “le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout”, précise Luc Bronner. 

Convocation “inquiétante” après un premier précédent

Le militaire était lié par un contrat de protection rapprochée avec un homme d’affaires russe, qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour “corruption”, rappelle-t-il.

“Nous maintenons évidemment nos informations et exprimons notre inquiétude sur cette convocation: l’intérêt public suppose de pouvoir enquêter sur les entourages et les liens entretenus par des collaborateurs de l’Elysée ou de Matignon, quels que soient leurs parcours antérieurs”, s’inquiète le directeur.

Il estime que cette convocation “sous le statut d’une audition libre, est d’autant plus préoccupante qu’elle suit une procédure similaire, utilisée très récemment à l’encontre d’autres journalistes”.

Mi-mai, trois journalistes ayant enquêté sur l’exportation d’armes françaises utilisées au Yémen -les deux fondateurs du nouveau média en ligne Disclose et un journaliste de Radio France- ont été convoqués par les services secrets français, et ont dénoncé une “tentative d’intimidation”.

Un quatrième journaliste, travaillant pour Disclose, a été...

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