Affaire du bébé enfermé deux ans dans un coffre en Limousin : Un rare cas de « déni d’enfant » jugé en appel

20 Minutes avec AFP

JUSTICE - Le procès en appel de Rosa Da Cruz pour dissimulation d’enfant et carences de soins s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises d’appel de la Haute-Vienne

C’est une affaire hors norme qui est jugée en appel devant la cour d’assises d’appel de la Haute-Vienne. La mère de Séréna, le bébé dit « du coffre » (de voiture), est jugée jusqu’au 17 octobre pour dissimulation d’enfant et carences de soins. En première instance en novembre 2018, elle avait été condamnée à deux ans de prison ferme. Elle comparaît cette fois détenue.

Huit ans de prison avaient été requis à l’audience, puis le parquet général avait fait appel de la sentence. La défense, qui avait plaidé l’acquittement, avait fait appel à son tour, contestant notamment la déchéance d’autorité parentale.

Une infirmité permanente pour Séréna

D’emblée, la cour d’assises d’appel de Limoges, dans son bref rappel initial des faits et de la procédure, a laissé transparaître lundi ce qui fait de l’affaire Séréna un dossier exceptionnel. D’abord le caractère « massif » des carences qu’avait subies Séréna lorsqu’elle fut découverte, à 23 mois, dans le coffre du break maternel par l’employé d’un garage de Terrasson-Lavilledieu où la mère avait apporté le véhicule pour réparation. Sa mère la gardait soit dans ce coffre, dans l’habitacle de la voiture, soit dans une pièce au sous-sol de la maison familiale, où personne n’allait jamais.

« Souillures », « larves », « odeur pestilentielle » de « putréfaction », « hygiène déplorable », sont les mots des témoins, pompiers et enquêteurs qui ont les premiers vu l’enfant. Il a « fallu quatre lavages successifs pour lui redonner un aspect correct » et la défaire des odeurs d’excréments, notait le CHU de Brive.

Les expertises ont plus tard décrit un syndrome autistique « vraisemblablement irréversible », constitutif d’une « infirmité permanente » et d’un « déficit fonctionnel à 80 % », conséquence de 23 premiers mois de « privations sensorielles », « sans aucun contact extérieur ni stimuli ». Séréna, à bientôt 8 ans, a le développement mental d’une enfant de 2-3 ans et partage son temps entre une famille d’accueil(...) Lire la suite sur 20minutes

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