Affaire «Astou Sokhna» au Sénégal: les sages-femmes se défendent des accusations trop rapides

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Au Sénégal, plusieurs syndicats de santé et l’Association nationale des sages-femmes avaient appelé à une grève générale jeudi 21 avril « sur l’ensemble du territoire ». Ils dénoncent – entre autres revendications – la gestion de l’affaire « Astou Sokhna », du nom de la femme enceinte décédée en couches à l’hôpital de Louga, à environ 200 km au nord de Dakar.

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Pas un chat dans la salle d’attente. Personne dans la salle de travail. La maternité de l’hôpital Aristide le Dantec est déserte ce jeudi en fin de matinée. Seules les urgences et un service minimum sont assurés, comme au service radiologie, où se trouve Amina Gadiaga Dial, membre de And Gueusseum, l’alliance des syndicats autonomes de la santé.

L'affaire Astou Sokhna s’est greffée à leurs revendications sur les rémunérations. « Nous sommes solidaires des six sages-femmes de Louga. Ce que nous n'avons pas aimé, c'est que notre ministre de la Santé a déclaré à la va-vite qu'il y a eu une "négligence". Il aurait dû attendre la fin de l'enquête judiciaire. S'il y a problème quelque part, je crois que c'est parce que le système de santé est malade », dénonce Amina Gadiaga Dial.

La famille d'Astou Sokhna a porté plainte pour « négligences médicales ». Le ministre de la Santé a parlé d’un décès « évitable », et six sages-femmes sont poursuivies, dont quatre ont été placées sous mandat de dépôt. Mais pour plusieurs organisations, les professionnels de santé sont victimes d’un « lynchage » dans ce dossier.

Mais le mouvement de grève est décrié par certains citoyens, qui accusent les professionnels de santé de soutenir leur corporation avant les victimes. Amina Gadiaga Dial s’en défend : « Nous ne sommes pas trop corporatistes. Nous sommes légalistes et nous pensons être justes. Dans tous systèmes il y a des brebis galeuses, mais ce n'est pas à nous de condamner, c'est au juge. »

En Conseil des ministres mercredi, le chef de l’État a affirmé que des « ressources budgétaires sans précédent » avaient été mobilisées pour moderniser le système de santé depuis 2012. Le président Macky Sall appelle aussi à une « accélération urgente » des réformes.

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