Affaire Abad, période de réserve: les timides débuts du gouvernement Borne

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Élisabeth Borne, la Première ministre, arrive sur le Perron de l'Élysée pour le premier conseil des ministres de son gouvernement, le 23 mai 2022 - Ludovic Marin - AFP
Élisabeth Borne, la Première ministre, arrive sur le Perron de l'Élysée pour le premier conseil des ministres de son gouvernement, le 23 mai 2022 - Ludovic Marin - AFP

Sa composition dévoilée vendredi, les membres du gouvernement n'ont guère eu le temps de défaire leurs cartons avant de se heurter aux révélations sur le nouveau ministre des Solidarités, Damien Abad. Celui qui était encore il y a quelque jours patron des députés Les Républicains (LR) est visé par des accusations de viol, mises au jour par Mediapart samedi, au lendemain de sa nomination.

Jusqu'ici député de l'Ain, le nouveau ministre est l'objet du témoignage de deux femmes. L'une avait porté plainte en 2012 et 2017, procédures successivement classées sans suite. La deuxième n'a jamais porté plainte mais a adressé un signalement à l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Mercredi, le parquet de Paris a fait savoir qu'"en l'état", il n'ouvrirait pas d'enquête, faute d'éléments pour identifier la victime.

Dès lundi, Damien Abad a exclu le fait de démissionner, clamant son innocence. "Un homme innocent doit-il démissionner? Je ne crois pas", a-t-il lancé depuis Oyonnax, son fief de l'Ain où il brigue un nouveau mandat de député.

Faure et Rousseau appellent à la démission d'Abad

À peine installé, le nouveau gouvernement a vu ses premiers pas éclipsés par la séquence Abad. Dès dimanche, alors que la Première ministre, candidate aux législatives dans le Calvados, était en campagne dans la circonscription normande, elle a été interpellée sur le cas Abad. Élisabeth Borne a assuré ne pas être "au courant", tout en disant "que s'il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on en tirera toutes les conséquences" .

Lundi, les membres du gouvernement se sont retrouvés pour le premier Conseil des ministres, là aussi vampirisé par l'éclatement de l'affaire. "L'établissement de la vérité, c'est à la justice de le faire (...) Elle est la seule à pouvoir ou devoir trancher", a tranché la nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, à l'issue du Conseil des ministres.

Le même jour, le patron des socialistes Olivier Faure et l'écologiste Sandrine Rousseau ont tous deux appelé à la démission de Damien Abad. Ce jeudi sur RTL, le dirigeant de LR Christian Jacob n'a lui pas appelé à la démission de l'ancien militant de son parti, s'en remettant au ministre lui-même, s'interrogeant sur sa capacité à "se regarder dans une glace le matin".

"C'est sa décision. Est-ce qu'il est capable de se regarder dans une glace le matin en se levant M. Abad? C'est à lui de prendre cette décision et au gouvernement, et quand j'entends le gouvernement dire qu'ils n'avaient pas d'informations, on a envie de se pincer, bien évidemment qu'ils étaient informés", a lancé le député de Seine-et-Marne. 876450610001_6306826368112

"On se serait bien passé de cela"

Car ces derniers jours ont aussi été marqués par un couac au sommet de l'État. Mardi, l'exécutif avait admis que le Château et Matignon avaient été au courant de la plainte classée sans suite, mais pas de sa teneur ni du signalement d'une deuxième femme. Mais dans la soirée, Matignon a rétropédalé, l'entourage d'Élisabeth Borne assurant que "la ministre n'avait pas connaissance des faits avant la nomination de M. Abad" et qu'elle en avait "pris connaissance dans l'article de Mediapart samedi soir".

"On se serait bien passé de cela", confesse une conseillère de l'exécutif.

Pour un ministre cité par l'AFP, Élisabeth Borne est de fait placée dans une "position compliquée", écartelée entre respect du "principe de présomption d'innocence" et "respect de la parole des femmes". Pour un autre ministre, la cheffe du gouvernement "ne fait pas dans la dentelle, si elle a une conviction, elle n'hésitera pas à trancher". Tout en lâchant: "Politiquement, ça pollue."

Outre l'affaire Abad, c'est aussi au calendrier que se heurte le gouvernement d'Élisabeth Borne. Les balbutiements de l'exécutif coïncident avec la période de réserve électorale, en raison de la campagne des législatives qui auront lieu les 12 et 19 juin prochains. La séquence s'est ouverte lundi et oblige les ministres à modérer leur expression; l'usage étant de faire en sorte que ces derniers n'interfèrent pas dans la campagne électorale.

Changement de calendrier pour les mesures sur le pouvoir d'achat

Ces premiers jours ont aussi été marqués par un flottement concernant le calendrier des mesures pour faire face à l'inflation galopante, sujet-clé des élections à venir comme il l'a été lors du scrutin présidentiel. Lundi, la porte-parole Olivia Grégoire avait émis le fait qu'un "premier projet de loi" serait "adopté en Conseil des ministres avant les élections législatives", avant de rétropédaler le lendemain sur France 2.

Si Élisabeth Borne et Emmanuel Macron devraient s'exprimer sur les mesures avant les législatives, "ce texte sera présenté en Conseil des ministres juste après, quelques jours après les élections législatives", a corrigé la secrétaire d'État. Selon une source gouvernementale, "il n'y aura pas de montant précis" communiqué avant les élections, mais seulement "la philosophie, les modalités" des mesures, du fait là aussi de la période de réserve électorale.

Ce jeudi, la Première ministre se rend dans le Loiret, dans une exploitation agricole à Sandillon. Une visite notamment consacrée à la sécheresse qui frappe les agriculteurs de plein fouet. Après cette semaine compliquée, en ce pont de l'Ascension, les membres du gouvernement se réuniront également ce vendredi à Matignon afin de "définir les feuilles de route des différents ministres et partager la méthode gouvernementale". Selon les services de la Première ministre, "c'est la méthode Borne: rapidité, efficacité et résultats."

Article original publié sur BFMTV.com

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