Affaire Abad, affaire Bouhafs: Mélenchon assume de devoir faire des choix "arbitraires"

Affaire Abad, affaire Bouhafs: Mélenchon assume de devoir faire des choix "arbitraires"

Interrogé sur les récentes affaires de violences sexuelles qui agitent le monde politique, le leader de La France Insoumise, invité de "BFM Politique" ce dimanche, a défendu la gestion choisie par son parti.

"Je ne suis ni juge, ni policier." C'est par cette précision que Jean-Luc Mélenchon, invité de BFM Politique ce dimanche, a évoqué l'affaire Damien Abad, du nom du nouveau ministre des Solidarités, accusé par deux femmes de viol après des révélations de Mediapart.

Le sujet a été l'occasion pour le leader de la gauche en vue des législatives de revenir sur la gestion par son parti de l'affaire Taha Bouhafs, sans la citer directement. Ce journaliste militant et candidat investi par la Nupes aux législatives s'était retiré après qu'une enquête a été ouverte à la suite d'un signalement reçu par le parti pour violences sexuelles.

"Nous, on a fait un choix, nous, Insoumis, qui est un choix qui est difficile à faire parce qu'il est arbitraire", s'est remémoré le dirigeant de la France insoumise. "Nous croyons ce qu'on nous dit. Quand une femme se plaint, nous prenons le signalement et s'il paraît avoir un minimum de sérieux, nous écartons les hommes visés par ces signalements", a détaillé l'homme fort de la gauche sur notre antenne.

"Un choix politique"

"C'est un parti pris dont je mesure le caractère arbitraire, mais c'est un choix politique qui s'applique à une organisation politique", a précisé l'Insoumis sur notre émission, en insistant sur les mots.

"Je pense que dans l'état, sans doute, vaudrait-il mieux tenir compte du fait que ça déclenche une telle émotion que ça mérite d'être regardé de plus près", s'est-il ensuite expliqué. Le député des Bouches-du-Rhône refuse d'en dire d'avantage: "Je ne veux pas accabler quelqu'un s'il est innocent, ni non plus le ménager s'il est coupable".

S'agissant de Damien Abad, la décision revient au président et à la Première ministre, "qui l'ont nommé en connaissance de cause et qui le maintiennent en connaissance de cause", a affirmé Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas au ministre lui-même de choisir, a-t-il précisé, "parce que si ça se trouve, il est agresseur".

"C'est injuste"

Si les accusations sont maintenues par ces femmes, la question pour celui qui se rêve à Matignon en cas de victoire de la gauche est: "Quel prix décide-t-on à accorder à de telles déclarations?"

"Nous on a décidé d'écarter les hommes, c'est injuste aussi on peut dire d'une certaine façon (...) Mais si des plaintes sont maintenues contre Monsieur Abad, il devrait s'en aller", conclut-il.

Dans sa défense, le fraîchement nommé ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées a martelé la semaine dernière: "Un homme innocent doit-il démissionner ? Je ne crois pas." Le transfuge LR avait fait l'objet d'une plainte déposée en 2012 puis 2017 par la même femme, classées sans suite, et d'un signalement adressé par une autre à l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique.

Fébrile, l'exécutif avait d'abord reconnu la semaine dernière qu'il était au courant de cette première plainte, sans toutefois être assuré de sa teneur ni avoir eu vent d'un autre signalement. Avant de rétropédaler. Pour l'instant, le ministre est maintenu à son poste. Matignon a précisé que le gouvernement tirerait toutes "les conséquences" en cas de décision rendue par la justice. Aucune enquête n'est ouverte pour le moment, "faute d'éléments".

Article original publié sur BFMTV.com

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