Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales, de retour à l'Assemblée

Le député Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales et suspendu par son groupe de La France insoumise, a fait son retour à l'Assemblée mercredi, a appris l'AFP auprès de sources parlementaires, confirmant une information de LCP.

Le député du Nord, absent depuis le mois de septembre, est arrivé "autour de 11 heures" à la commission des Affaires étrangères, selon une source parlementaire, pour participer à des travaux d'examen d'un rapport d'information sur la réforme du corps diplomatique.

Il siège au bout d'une table, visage fermé, à côté du député du groupe GDR Tematai Le Gayic, a également constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Condamné en décembre à quatre mois de prison avec sursis pour des "violences" sur son épouse, le député du Nord avait exclu de démissionner, dénonçant un "lynchage médiatique".

Il a été suspendu pour une durée de quatre mois du groupe des députés LFI, jusqu'au 13 avril, et siège à ce stade en tant que député non inscrit.

Son retour dans le groupe insoumis est également conditionné à un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes. "Je respecterai la décision collective du groupe", avait déclaré le député, entendant cependant "honorer" son mandat.

L'affaire avait également divisé les partenaires des insoumis au sein de l'alliance de gauche Nupes. La cheffe des députés écologistes Cyrielle Châtelain avait ainsi réclamé clairement sa démission. "Pour une sanction de cette nature, nous aurions prononcé l'expulsion", a renchéri le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

La décision du groupe parlementaire a également fait débat chez les militants : plus d'un millier de militants insoumis et de la Nupes ont signé une tribune dans Le Monde, pour dénoncer la décision du mouvement de ne l'exclure que temporairement.

Jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC ou "plaider-coupable"), le député a été condamné pour "violences sans incapacité commises par conjoint" entre octobre et décembre 2021, ainsi que pour "envoi régulier et malveillant de messages" à son épouse entre août et septembre 2022. Il doit verser 2.000 euros de dommages et intérêts.

"L'enquête a conclu à ce que j'avais reconnu: une gifle donnée dans un contexte de dispute, il y a plus d'un an et jamais reproduite, et l'envoi de trop nombreux SMS amoureux suite à une annonce de divorce incomprise", avait alors affirmé M. Quatennens.

L'audience d'homologation, qui s'est tenue à huis clos, n'a cependant pas permis de connaître le détail des faits.

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