«Adieu Mandalay», oiseaux d’exil

Libération.fr

Le quatrième long métrage du réalisateur taïwanais d’origine birmane Midi Z, son premier à sortir en France, relate avec grâce et lucidité les difficultés que rencontre un jeune couple du Myanmar clandestinement passé en Thaïlande.

Depuis le coup d’Etat survenu en mai 2014 et l’instauration de la loi martiale par la junte militaire, la situation des travailleurs illégaux en Thaïlande, déjà pas brillante, s’est considérablement dégradée. Des expulsions massives de clandestins et une traque plus fervente des trafics humains participent de la volonté du gouvernement de compresser la zone grise de l’économie informelle avec ses travailleurs-esclaves (enfants inclus) arrivant essentiellement des pays voisins, Laos, Cambodge et Myanmar.

Adieu Mandalay raconte l’arrivée en Thaïlande, à Bangkok, de deux Birmans, une jeune femme, Liangqing (Wu Ke-Xi), rejoignant sa sœur déjà exilée, et un soldat fraîchement démobilisé, Guo (Kai Ko). Leur rencontre a lieu dans l’espace peu romantique de la voiture d’un passeur. Farouchement indépendante, elle veut se débrouiller seule mais s’aperçoit vite que les choses seront plus compliquées qu’elle ne l’avait cru car pour se faire embaucher, il faut désormais avoir des papiers d’identité.

Lui l’attire dans une usine de textile détenue par un patron d’origine birmane : l’entreprise fonctionne en système clos, les ouvriers sont débaptisés (on les nomme par un numéro), ils triment, mangent, dorment sur place, dépensant dans l’échoppe de l’atelier une partie de leur paie (reversant donc ainsi directement au patron ce qu’il vient chichement de leur donner). L’amour de Liangqing et Guo est loin d’être torride, c’est une idylle sans mots ni trop de gestes que tiraillent et usent les angoisses de la précarité. Elle est obnubilée par l’obtention de faux papiers, lui n’y croit pas trop, tout en la suivant dans des démarches d’approches d’intercesseurs en rase campagne qui savent graisser la patte d’administratifs assermentés mais corrompus, comme le (...)

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