Adhésion de la Suède à l’Otan: le pays extradera-t-il Bülent Kenes vers la Turquie ?

AP - Isa Simsek

Le nom du journaliste est le seul à avoir été explicitement mentionné par le président turc dans les négociations sur l’adhésion de la Suède à l’Otan, lors de la visite du Premier ministre suédois à Ankara il y a quelques jours. Exilé à Stockholm, Bülent Kenes se sait une monnaie d’échange dans ce processus.

Avec notre correspondante à Stockholm, Carlotta Morteo

Il était dans son salon, avec femme et enfants, quand il a entendu son nom, prononcé par le président turc, en pleine conférence de presse. « Je pense qu’il me déteste. Il me connaît depuis des décennies, il cherchait un nom à mentionner, et c’est le mien qui lui est venu à l’esprit », glisse-t-il.

Il a été surpris sur le coup, mais il est habitué à vivre sous la menace. Bülent Kenes a longtemps été le rédacteur en chef du quotidien Zaman, l’un des journaux les plus influents de Turquie, avant qu’il ne soit interdit, à la suite du putsch manqué de 2016.

« Ça fait 11 ans qu’il me menace. En Turquie, déjà, il m’a attaqué en justice plusieurs fois, il m’a mis en prison, donc j’ai l’habitude d’être une cible, même depuis que je vis en exil en Suède. C’est inquiétant, mais je ne serai pas intimidé. Je refuse d’être réduit au silence par un despote tel qu’Erdogan », poursuit-il.

Justice suédoise indépendante

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