Adeline Baldacchino : "Il manque à l'ENA un programme pédagogique et une cible intellectuelle"

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Essayiste, romancière et poétesse, Adeline Baldacchino est également une ancienne élève de l'École nationale d'administration. Elle est notamment l'autrice de "La Ferme des énarques" (Michalon, 2015), "réquisitoire positif" de la célèbre école strasbourgeoise. Alors qu'Emmanuel Macron annonce la future suppression de l'ENA, Adeline Baldacchino nous explique ses défauts.

Marianne : En quoi le contenu des cours à l'ENA pose-t-il problème ?Adeline Baldacchino : Le vrai sujet, c'est que l'ENA, sous couvert d'être une "école d'application" (de quoi, on se le demande ?), n'est pas une école du tout, mais une sorte de sas par lequel on passe, à l'issue d'un concours très difficile, pour "cristalliser" une vocation et préparer une carrière en découvrant les coulisses du pouvoir et l'envers du miroir. L'ENA, en l'état, offre un carnet d'adresses, un tampon prestigieux, et parfois des expériences humaines, en stage, de grande valeur. Ce qui lui manque, c'est tout simplement un programme pédagogique, un corps enseignant, une cible intellectuelle : voilà ce qui permettrait de former, non pas seulement de "hauts fonctionnaires" (demain, des "administrateurs d'État") interchangeables et malléables, mais de véritables esprits novateurs, courageux et opérationnels. L'annonce d'un "tronc commun" à 13 écoles n'est pas inintéressante, elle peut permettre de donner une armature (celle du service public, si on l'axe sur les questions de déontologie et d'éthique économique et sociale par...

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