Les actions reculent, la Chine loin du retour à la normale

par Marc Angrand
LES BOURSES EUROPÉENNES RECULENT EN DÉBUT DE SÉANCE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes reculent en début de séance lundi, l'annonce d'un allègement très partiel des mesures anti-coronavirus permettant la réouverture de certaines usines en Chine ne suffisant pas à apaiser les inquiétudes des investisseurs sur la propagation de l'épidémie.

À Paris, le CAC 40 perd 0,59% à 5.994,21 points vers 08h45 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 0,24% et à Francfort, le Dax abandonne 0,49%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,51%, le FTSEurofirst 300 de 0,25% et le Stoxx 600 de 0,5%.

Ce dernier a gagné 3,32% la semaine dernière, sa meilleure performance hebdomadaire depuis novembre 2018.

Le bilan de l'épidémie de coronavirus en Chine a atteint 908 morts et plus de 40.000 cas de contamination selon les derniers chiffres publiés à Pékin, un bilan qui dépasse désormais celui de l'épidémie de Sras en 2002-2003. Les autorités chinoises ont néanmoins levé certaines des restrictions à l'activité des entreprises et aux déplacements dans le pays.

Parallèlement à ce début timide de retour à la normale, les autorités économiques et monétaires chinoises continuent de surveiller l'impact économique de l'épidémie: un conseiller de la Banque populaire de Chine (BPC) cité par le quotidien Global Times estime que Pékin doit envisager de baisser les taux d'intérêt pour soutenir les entreprises.

Mais ces éléments sont visiblement loin de suffire à rassurer les investisseurs.

"Le coronavirus est le principal signal d'alerte sur les écrans des traders ce lundi matin. Les investisseurs s'inquiètent de voir monter le nombre des morts en Chine et du fait que des salariés ne soient pas en mesure de reprendre le travail. La crainte, c'est qu'en rouvrant des usines, on augmente le taux de contamination", explique Naeem Aslam, chef analyste marché d'AvaTrade.

Dans une note publiée vendredi, le cabinet d'études Capital Economics estime à plus de 280 milliards de dollars le coût du coronavirus pour l'économie mondiale sur le seul premier trimestre de cette année.

Si la séance de ce lundi s'annonce calme, la semaine qui commence sera animée entre autres par les chiffres des prix à la consommation (jeudi) et des ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis et par la première estimation de la croissance du quatrième trimestre en Allemagne et dans l'ensemble de la zone euro (vendredi).


VALEURS

Parmi les replis sectoriels les plus marqués en Europe, le compartiment du transport et du tourisme perd 0,9%, la distribution 0,71% et l'énergie 0,69%.

A Paris, la plus forte baisse du CAC est pour le parapétrolier TechnipFMC, qui abandonne 1,7%.

Air France-KLM prend 0,41% après avoir annoncé une hausse de 2,2% de son trafic passagers en janvier en précisant que l'activité du premier mois de l'année avait été "très peu" affectée par l'épidémie de coronavirus.

A Milan, Exor, la holding financière de la famille Agnelli, gagne plus de 2,5% après l'annonce de discussions exclusives avec le groupe français Covea en vue d'une vente du réassureur Partner Re, une opération dont le montant pourrait avoisiner neuf milliards de dollars selon une source proche du dossier.


EN ASIE

La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,6%, freinée par les craintes liées au coronavirus et aux résultats d'entreprise. [.TFR]

En Chine, le SSE Composite de Shanghai affiche en clôture un gain de 0,51% mais cette cinquième hausse consécutive ne suffit pas pour lui permettre de rattraper tout le terrain perdu lundi dernier (-7,72%).

Par ailleurs, les statistiques des prix à la production en Chine montrent qu'ils ont légèrement progressé en janvier, pour la première fois depuis mai 2019, même si la fermeture prolongée des entreprises à cause de l'épidémie de coronavirus signifie que cet élan ne devrait pas durer.


A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en baisse vendredi après quatre séances de hausses consécutives, les investisseurs préférant prendre leurs bénéfices dans l'attente d'en savoir davantage sur l'épidémie de coronavirus qui sévit en Chine.

L'indice Dow Jones a cédé 277,26 points, soit 0,94%, à 29.102,51, le S&P-500 a perdu 17,8 points (-0,53%) à 3.327,98 et le Nasdaq Composite a reculé de 51,73 points (-0,54%) à 9.520,43 points.

Sur l'ensemble de la semaine, le S&P 500 a pris 3,17%, le Dow Jones a gagné 3% et le Nasdaq s'est adjugé 4,04%, signant ainsi sa meilleure performance hebdomadaire depuis juin 2019.


TAUX

La prudence continue de favoriser les emprunts d'Etat, avec pour conséquence une nouvelle baisse des rendements: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, recule de 1,5 point de base à -0,4% et son équivalent français d'un point à -0,147%.

Sur le marché américain, le rendement des Treasuries à dix ans amplifie son recul dans les échanges en Europe et repasse sous 1,57%.


CHANGES

L'euro reprend un peu de terrain à 1,0950 dollar après être tombé vendredi à 1,0940, son plus bas niveau depuis octobre, en réaction à l'annonce d'une chute de la production industrielle allemande en décembre.

L'"indice dollar", qui suit les fluctuations du billet vert face à un panier de référence, est pratiquement inchangé.


PÉTROLE

Hésitant en Asie, le pétrole est en nette baisse en Europe faute d'indications claires sur la volonté de l'Opep et de ses alliés à réduire encore leur production pour tenter de limiter l'impact de la baisse de la demande chinoise.

Le Brent abandonne 0,5% à 54,20 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,54% à 50,05 dollars.

Le Brent a touché, à 53,63 dollars, son plus bas niveau depuis janvier 2019.


(édité par Patrick Vignal)