Accusé de dizaines de viols et agressions sexuelles, un gynécologue continue d'exercer la médecine

Angélique, 38 ans, et A., 33 ans, se tiennent serrées, l'une contre l'autre, dans le cabinet de leur avocat Loïc Bussy. C'est la première fois que ces deux sœurs vont parler de "ça" l'une devant l'autre. Les viols et agressions sexuelles dont elles accusent leur gynécologue, Bernard Henric. Tout comme 60 autres victimes recensées par la justice. En 2015, le médecin d'Arras (Pas-de-Calais) a été mis en examen pour ces faits. Si les deux trentenaires ont décidé de rompre un si long silence, c'est pour dénoncer une injustice.

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"Je n'avais même pas la force de parler"

Depuis l'ouverture de l'information judiciaire à Béthune, elles n'ont pas été entendues par un juge d'instruction. Le mis en examen, âgé de 55 ans, laissé libre sous contrôle judiciaire, exerce comme endocrinologue dans le même cabinet du centre-ville d'Arras.

Dans ce dossier, Angélique est la première femme à avoir déposé plainte. Elle se souvient avoir été reçue par un gendarme "très doux, à l'écoute" dans les locaux de la brigade de Vitry-en-Artois. C'était le 14 novembre 2014. Quatre jours plus tôt, la jeune femme aux longs cheveux bruns était sortie en pleurs de sa consultation. Une heure de rééducation du périnée post-accouchement (une durée anormalement longue selon deux expertises médicales versées au dossier) où sa position, la tête plus basse que le bassin, ne lui permet pas de voir ce que fait le praticien, son médecin depuis neuf ans. 

Ang...


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