Accueillir des réfugiés ukrainiens, une “façon de protester” pour des bénévoles russes

Photo Sergey Pivovarov/REUTERS

Confrontés à la répression du mouvement pacifiste en Russie, les Russes opposés à la guerre s’impliquent dans l’accueil des réfugiés ukrainiens, raconte The Moscow Times. Le site anglophone lancé par des expatriés russes note que de nombreux Ukrainiens “ne sont pas seulement traumatisés mais se sentent piégés en Russie, sans argent, sans documents [administratifs] ou même sans vêtements”.

Plus de 1 million de réfugiés ukrainiens ont traversé la frontière russe depuis le début des hostilités, en février dernier, et certains n’ont pas pu choisir leur destination. La plupart sont envoyés dans l’un des 9 500 centres d’accueil temporaires, explique The Moscow Times, parfois à des milliers de kilomètres de chez eux, comme à Vladivostok, sur la côte pacifique.

Si des ONG comme la Croix-Rouge sont engagées auprès d’eux, cette aide ne suffit pas, racontent des volontaires russes interrogés par le site d’information.

Complices des “nazis ukrainiens”

“C’est notre façon de protester”, témoigne Veronika Timakina, une activiste de 19 ans. Elle a organisé l’accueil des réfugiés dans sa ville, Tver, à 200 kilomètres au nord-ouest de Moscou, avant de prendre elle-même la fuite en raison de pressions.

“Les volontaires ne sont pas souvent acceptés dans les centres de réfugiés”, témoigne un autre volontaire, sous le couvert de l’anonymat. Originaire de Tikhvine, à 200 kilomètres à l’est de Saint-Pétersbourg, il accuse les autorités russes de mal gérer les centres de réfugiés, où même le matériel de santé élémentaire manquerait.

Les groupes de volontaires russes sont parfois contraints d’agir dans la clandestinité pour éviter d’attirer l’attention des services de renseignements ou des activistes pro-Kremlin. The Moscow Times rapporte l’histoire de l’avocat d’une bénévole russe arrêtée en avril dont la porte a été recouverte de l’inscription “Un complice des nazis ukrainiens vit ici”. Un aperçu de l’ambiance tendue qui règne en Russie et de l’amalgame qui est fait entre volontaires humanitaires et militants anti-Poutine.

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