Accueil de l'Ocean Viking: pour Ciotti, "c'est Italie 1, France 0"

Combinaison de trois portraits créée le 17 novembre 2022 représentant les trois candidats à la présidence du parti Les Républicains (LR), de gauche à droite, Eric Ciotti le 14 septembre 2021, Aurelien Pradié le 13 septembre 2022 et Bruno Retailleau le 3 juin 2021, à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP
Combinaison de trois portraits créée le 17 novembre 2022 représentant les trois candidats à la présidence du parti Les Républicains (LR), de gauche à droite, Eric Ciotti le 14 septembre 2021, Aurelien Pradié le 13 septembre 2022 et Bruno Retailleau le 3 juin 2021, à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Le sujet a fait consensus. Lors du débat entre les candidats à la présidence du parti Les Républicains (LR) diffusé sur LCI lundi soir, Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié ont redoublé de fermeté sur le sujet de l'immigration. Les trois impétrants sont notamment revenus sur l'arrivée en France de l'Ocean Viking, navire humanitaire transportant 234 migrants, il y a près de deux semaines.

Pour Éric Ciotti, par ailleurs favori de cette élection interne, cette décision du gouvernement est une "bérézina". Selon lui, "c'est Italie 1, France 0". Le député des Alpes-Maritimes a ainsi félicité la nouvelle dirigeante italienne d'extrême droite Giorgia Meloni qu'il juge "courageuse et efficace" sur cette affaire, contrairement à Emmanuel Macron qualifié de "lâche et impuissant".

"Laxisme d'Emmanuel Macron"

L'élu estime que "le meilleur moyen de sauver des vies, c'est qu'aucun bateau ne parte des côtes africaines". "Il devrait y avoir une résolution de l'ONU, qui empêche aussi, y compris militairement, de laisser partir ces bateaux", a-t-il plaidé. Sa ligne de conduite: "Aucun droit pour les clandestins, ni logement, ni allocation, ni école".

De son côté, Bruno Retailleau voit dans l'accueil de l'Ocean Viking, "la marque du laxisme d'Emmanuel Macron".

Selon le patron des sénateurs LR, "ce n'est pas Emmanuel Macron aujourd'hui qui fait la politique politique migratoire, c'est la mafia, les passeurs".

Bruno Retailleau a également dénoncé "les pompes aspirantes de l'immigration", expliquant que la France est "la plus avantageu[se] d'Europe", "en matière de droit d'asile, d'accès gratuit aux soins pour les clandestins et aussi en matière de regroupement familial".

Aurélien Pradié, challenger de ce scrutin, a proposé "qu'on reconnaisse le crime de passeur comme un crime relevant de la Cour pénale internationale (CPI)". D'après le député du Lot, on pourrait ainsi "mobiliser tous les moyens d'Interpol pour agir là où les passeurs, les filières se trouvent".

"Ça veut dire que, demain, on sanctionnerait les passeurs et tous ceux qui aujourd'hui font de la traite des êtres humains comme on sanctionne un crime contre l'humanité", a-t-il plaidé.

"Grosse ficelle utilisée par la gauche"

Interrogés sur leurs différences en termes de valeurs avec le Rassemblement national concernant l'immigration, les trois impétrants ont botté en touche. "C'est pas le sujet", a répondu Éric Ciotti.

"Moi je parle aux Français, je ne parle pas aux états-majors du Rassemblement national, ni à la presse. Les Français qu'est-ce-qu'ils voient? Une invasion migratoire".

Pour corroborer son propos, le parlementaire a évoqué la figure de Valéry Giscard d'Estaing - qui avait pointé un risque "d'invasion" à propos de l'immigration en 1991 dans les colonnes du Figaro - mais également celle de Gérard Collomb. Cet ancien proche d'Emmanuel Macron et ministre de l'Intérieur entre mai 2017 et octobre 2018, avait critiqué l'accueil de l'Ocean Viking estimant qu'il s'agissait d'un "appel d'air", créant un "précédent".

Quant à Bruno Retailleau, il a estimé que mettre sur le même plan RN et LR sur ce sujet est une "grosse ficelle utilisée par la gauche pour tétaniser, intimider la droite et lui interdire ce débat sur la maîtrise de l'immigration." Aurélien Pradié a opiné aux propos d'Éric Ciotti. "L'ambition de la droite républicaine , ce n'est pas de discuter avec les états-majors de tel ou tel parti", a-t-il déclaré.

Article original publié sur BFMTV.com