Accord RN-Ciotti: que vont faire les députés LR sortants pour les législatives?

Éric Ciotti compte ses soutiens. Le patron des Républicans a provoqué une levée de boucliers dans son parti, ce mardi 11 juin, en proposant une alliance nationale avec le Rassemblement national (RN) pour les législatives, une première dans l'histoire du parti gaulliste.

L'élu des Alpes-maritimes, s'il affirme avoir le soutien de "plusieurs dizaines de parlementaires", peine à entraîner avec lui les poids lourds de son parti, ulcérés par sa décision.

Du côté du Rassemblement national, Jordan Bardella a confirmé mardi soir un accord entre le Rassemblement national et Les Républicains pour les législatives, indiquant que "plusieurs dizaines" de candidats LR "sortants ou investis" seront soutenus par le RN.

· Ceux qui se sont déjà rangés derrière l'accord de Ciotti

Au sein du groupe LR à l'Assemblée, qui compte 62 membres, seule une députée sortante en plus d'Éric Ciotti a publiquement soutenu l'accord annoncé par le patron du parti: il s'agit de Christelle D'Intorni, sa collègue des Alpes-Maritimes.

Éric Ciotti affirme être soutenu par des "dizaines de parlementaires", citant notamment Céline Imart et Christophe Gomart, fraîchement élus eurodéputés sur la liste de François Xavier-Bellamy. Il indique également avoir le soutien de Guilhem Carayon, président des jeunes LR.

Le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a par ailleurs annoncé à Ouest-France être candidat aux législatives avec le soutien de LR et du RN.

· Ceux qui sont opposés à l'accord

Selon un décompte de CheckNews réalisé mardi 11 juin, plus de 50 députés LR se sont exprimés pour s'opposer à cet accord. À ces 50 députés se sont depuis ajoutés Maxime Minot, député de l'Oise, et Aurélien Pradié, élu du Lot qui a qualifié Éric Ciottti de "traître" ce mercredi sur France 2.

Les poids lourds du parti ont rejeté catégoriquement cette alliance, dénonçant dans une tribune publié par Le Figaro "l'impasse" dans laquelle s'est engagé Éric Ciotti selon eux. Parmi les signataires, le président du Sénat Gérard Larcher, la présidente d'Île-de-France Valérie Pécresse, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez ou encore le chef des députés LR Olivier Marleix. Dans une autre tribune, parue dans Valeurs actuelles, une trentaine de jeunes LR ont refusé "toute forme de coalition avec le RN".

Selon la sénatrice LR Agnès Evren, "Éric Ciotti ne sera plus président des Républicains à 15h", expliquant sur BFMTV que ce dernier va être "destitué" à l'occasion du "bureau politique" du parti qui aura lieu cet après-midi.

· Ceux dont on attend la position

Une poignée de députés LR n'ont pas encore pris position après la proposition d'accord d'Éric Ciotti. Parmi eux, le député apparenté LR Mayer Habib aurait pris "la défense" du patron de LR lors d'une visionconférence entre parlementaires, selon la journaliste de L'Opinion Christine Ollivier.

Selon plusieurs sources au sein de LR contactées par BFMTV, il n'est pas impossible qu'au total quatre ou cinq autres députés rejoignent Éric Ciotti. Un certain nombre de consultations internes n'ont pas permis d'y voir très clair, notamment parce que certains sont restés très discrets ces dernières heures...

"Nos différents échanges montrent tout de même qu'il n'y a pas de mouvement d'ampleur sur la ligne d'Éric", observe auprès de BFMTV, un peu rassurée, une cadre du parti. Certains cadrent craignent par ailleurs que des élus soient tentés de se livrer à un double-jeu: attendre la confirmation de leur investiture par la Commission nationale d'investiture en place - peut-être lors d'une réunion jeudi soir - avant d'officialiser leur ralliement à l'accord avec le RN.

Article original publié sur BFMTV.com