Accord PS-LFI: les points du quinquennat Hollande sur lesquels les socialistes ont accepté de céder

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Olivier Faure devant le QG des insoumis à Paris le 2 mai 2022 - Alain JOCARD / AFP
Olivier Faure devant le QG des insoumis à Paris le 2 mai 2022 - Alain JOCARD / AFP

Un goût amer. Alors que l'accord entre le PS et la France insoumise a été acté ce mercredi en attendant l'accord du Conseil national ce jeudi, ce texte avalise la disparition de plusieurs textes du mandat de François Hollande. "Ce qu'on demande au PS, c'est de rompre avec son quinquennat", assurait d'ailleurs le député LFI Ugo Bernalicis, fin avril sur France info.

• L'abrogation de la loi El Khomri

"Nous défendrons notamment l’abrogation de la loi El Khomri et des contre-réformes du code du travail", peut-on lire dans le texte signé par les négociateurs des deux partis.

La loi El Khomri, adoptée en 2016, par le 49-3, faute de majorité à l'Assemblée pour la voter, autorise les syndicats et les employeurs à trouver un accord, au niveau de l’entreprise, sur la durée du travail, même si cet accord est moins-disant, socialement, que celui de la branche professionnelle. Elle a également modifié le barême des indemnités à verser aux prudhommes.

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François Hollande a confié quelques mois après l'élection d'Emmanuel Macron sur RTL "assumer et revendiquer" cette loi, "très utile à notre pays", tout en regettant la méthode employée à l'Assemblée nationale.

Le retour à la retraite à 60 ans

"Nous défendrons le droit à la retraite à 60 ans pour toutes et tous avec une attention particulière pour les carrières longues, discontinues et les métiers pénibles", précise encore l'accord paraphé.

La ministre socialiste des Affaires sociales Marisol Touraine avait pourtant porté l'allongement de la durée de cotisation à 43 ans en 2014. Sans formellement acter l'âge de départ à la retraite, l'augmentation des années de cotisation induit la nécessité de travailler plus longtemps.

Olivier Faure avait d'ailleurs fait entendre sa propre musique sur le sujet le jour du second tour en indiquant sur France inter ne "pas être certain qu'on ait besoin de ramener tout le monde à quarante annuités".

La fin de l'ouverture à la concurrence

"Nous défendrons le développement des services publics, le refus de leur privatisation ou de leur ouverture à la concurrence", peut-on également lire dans ce texte.

C'est pourtant François Hollande qui a entériné l'ouverture du marché des transports de voyageurs au secteur privé en France. Il avait à l'époque fortement poussé pour obtenir un accord sur le sujet entre le Conseil de l'Europe et le Parlement européen.

Le 27 juin 2016, le Premier ministre Manuel Valls s’était même engagé devant l’Association des régions de France à permettre avant 2023 l’expérimentation de l’ouverture à la concurrence des TER sur quelques lignes. Sans toutefois faire voter la loi qui l’aurait permise.

• Pousser à la désobéissance des traités européens

"La mise en œuvre de notre programme partagé conduira nécessairement à des tensions, à constater des contradictions. Il nous faudra dépasser ces blocages et être prêts à ne pas respecter certaines règles, tout en travaillant à les transformer, en particulier les règles économiques, sociales et budgétaires", avance encore ce texte. C'est d'ailleurs l'un des points qui a fait le plus débat entre les deux forces politiques alors que programme de La France insoumise prône la "désobéissance" sur des points stratégiques des traités européens.

Cette approche est à l'opposé de celle François Hollande qui jugeait, quelques mois avant la fin de son quinquennat avoir "tout fait pour maintenir la cohésion". Malgré des tensions avec Angela Merkel sur les questions du déficit puis d'accueil des migrants en pleine crise syrienne, l'ancien président socialiste n'a jamais été directement à l'affrontement avec l'Allemagne.

Il n'a pas non plus tenu sa promesse de renégocier le pacte budgétaire lors de la campagne de 2012. Quelques mois plus tard, le Parlement européen l'avalisait en instaurant une "règle d’or" fixant une limite de 0,5% du PIB de déficit structurel, restreignant ainsi les politiques de relance.

La signature de cet accord a fait imploser une partie du Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis, ex-Premier secrétaire, la considère comme une "reddition". Jean-Marc Ayrault, l'ancien Premier ministre, y voit, lui "une forme de démission".

"Des rédactions habiles ne peuvent masquer nos divergences avec le programme de Jean-Luc Mélenchon", a d'ailleurs attaqué Carole Delga, la présidente de la région Occitanie dans une lettre envoyée aux membres du Conseil national. Bernard Cazeneuve a de son côté claqué la porte du parti.

Article original publié sur BFMTV.com

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