Accord post-Brexit: les dirigeants de l'UE ont signé le texte

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Les dirigeants de l’Union européenne ont officiellement signé le texte de l'accord post-Brexit, un texte qui va définir les relations entre le Royaume-Uni et l’Europe, dès le 1er janvier. Le texte va maintenant être voté par le Parlement du Royaume-Uni.

Dans le bâtiment Europa du Conseil de l’Europe, les dirigeants arrivent tout sourire. Devant une poignée de photographes, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission, et Charles Michel, le président du Conseil, semblent ravis de parapher ces quelques pages, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Jérémy Audouard.

Peu de temps après, ces fameux documents vont quitter Bruxelles direction Londres, via un avion de la Royal Air Force. Car c’est ensuite au Premier ministre britannique Boris Johnson d’apposer sa signature.

Cet accord de libre-échange, conclu in extremis la veille de Noël, va entrer en vigueur dès le 1er janvier, minuit, heure de Paris. Pour autant, la procédure de divorce n’est pas encore bouclée. Il s’agit là d’un accord provisoire. Le Parlement européen doit encore ratifier le texte. Ce sera probablement chose faite à la fin du mois de février.

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Vote de l'accord au Parlement britannique

Au Royaume-Uni, c'est la Chambre des communes qui se prononce ce mercredi 30 décembre sur l'accord conclu avec Bruxelles, selon notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Boris Johnson a ouvert le débat sur ce traité qui permet au Royaume-Uni de continuer à bénéficier d’un accès au marché unique européen sans droits de douane ni quotas mais qui ne couvre pas le secteur des services, qui représente pourtant 80% de l’économie britannique. Il a néanmoins voulu insister sur le fait que l’accord permet à Londres de reprendre le contrôle de ses lois et de sa destinée.

Boris Johnson a mis l’accent sur la souveraineté retrouvée du Royaume-Uni grâce à un accord qui remet à plat ses relations avec ses voisins et met fin à son appartenance selon le Premier ministre, « sans conviction » à l’UE, tout en lui permettant de continuer de commercer et coopérer étroitement avec les pays de l’UE. Il a assuré que Londres serait désormais « un voisin amical, le meilleur ami et allié que l’UE puisse avoir ».

L'opposition furieuse

Le dirigeant du parti d’opposition travailliste a lui aussi pris la parole. Keir Starmer, morose mais résigné, a décidé d’approuver le texte tout en critiquant un « accord minimaliste », qui ne couvre pas le secteur crucial des services. Le dirigeant du Labour veut clore une bonne fois pour toutes ce chapitre douloureux du Brexit et aller de l’avant. Mais il fait face à une rébellion avec nombre de ses députés qui menacent de lui désobéir et de voter contre.

Le débat va maintenant se poursuivre durant deux bonnes heures et les députés voteront une première fois avant que le texte ne passe devant les Lords, la chambre haute du Parlement. Le texte ne devrait avoir aucun mal à être approuvé puisque le parti conservateur de Boris Johnson, largement majoritaire, va voter pour.

Ce ne sera cependant pas un processus sans grognements puisqu’à part le Labour, tous les partis d’opposition, les indépendantistes écossais et les petites formations comme les libéraux-démocrates, les Verts ou les unionistes nord-irlandais vont voter contre. Ils sont également furieux du peu de temps qu’ils auront eu pour étudier un texte de près de 2 000 pages en seulement quelques heures et estiment que le processus n’est qu’une mascarade de démocratie.