Accord sur le nucléaire iranien: un 5e anniversaire très tendu

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Il y a 5 ans, l’Iran et le groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l'Allemagne) et l'UE signaient à Vienne un accord. Téhéran acceptait de limiter son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales à son égard, permettant de relancer son économie. Mais 5 ans plus tard, l’accord est mis à mal avec le retrait des États-Unis, et les relations entre les différentes parties sont tendues.

Il avait fallu 12 ans de négociations pour arriver à la signature de l’accord sur le programme nucléaire iranien. Le 14 juillet 2015, l’Iran acceptait de réduire son programme nucléaire à un usage civil uniquement. Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne lui promettaient en échange la levée des sanctions internationales pour relancer son économie.

C’est en 2003 que les négociations commencent. Mais, dès 2005, les négociations stagnent avec l'élection du président conervateur Mahmoud Ahmadinedjad. Il faudra attendre 2013 et l’élection d'Hassan Rohani, plus ouvert à un accord avec les Occidentaux, pour reprendre les négociations. Un accord est conclu le 14 juillet 2015 à Vienne et entre en vigueur en janvier 2016.

Mais un an plus tard, le 20 janvier 2017, Donald Trump, républicain aux positions très tranchées, est élu président des États-Unis. Il se retire de l’accord signé par son prédécesseur Barack Obama, en mai 2018. Mais Donald Trump va plus loin en annonçant la mise en place de nouvelles sanctions économiques pour faire pression sur l’Iran.

Les conséquences se font tout de suite sentir : les entreprises internationales qui commençaient à investir en Iran plient bagages, au risque d’être à leur tour frappées par les sanctions américaines.

Nouvelles tensions

A partir de janvier 2020, les Iraniens réduisent peu à peu leur engagement dans l'accord. En juin de la même année, c’est au tour de Paris, Berlin et Londres de faire pression sur Téhéran, qui a relancé son programme nucléaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) adopte une résolution dans laquelle elle demande à la République islamique de coopérer pleinement à la mise en œuvre de l’accord et de satisfaire à ses demandes. Une première depuis huit ans de la part de cette agence de l'ONU chargée de veiller à un usage pacifique de l'atome.

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Cette résolution fait suite à deux rapports présentés par l’AIEA, qui mettent en lumière le fait que l’Iran a accumulé 8 fois plus d’uranium enrichi que prévu dans l’accord de Vienne et relevé son taux d'enrichissement de l'uranium à 4,5% (contre 3,67% fixés dans l'accord). En outre, depuis plusieurs mois, les autorités iraniennes refusent de laisser les inspecteurs de l’AIEA entrer dans deux sites qu’ils soupçonnent d’être des zones d’activité nucléaire non déclarées des années 2000. Ce refus pourrait cacher l’utilisation ou le stockage de matériel nucléaire dans ces lieux, s’inquiètent les observateurs de l’agence. Dans le même temps, Washington exhorte les autres pays toujours parties à l’accord à le quitter.

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Début juillet, alors que la période est tendue, Téhéran fait état d’un accident survenu au centre nucléaire iranien de Natanz. Le complexe abrite une importante usine d’enrichissement de l’uranium. Les autorités iraniennes ont déclaré avoir établi « avec précision les causes de l’accident » mais affirment ne pas vouloir les révéler au public dans l’immédiat « pour certaines raisons de sécurité ».

Ce cinquième anniversaire de l’accord sur le nucléaire iranien a donc lieu dans un contexte très tendu. L’Iran est très isolé politiquement et affaibli sur le plan économique à cause des sanctions américaines.