Accord LFI-EELV : les points de divergences qui subsistent

Jean-Luc Mélenchon le 1er mai 2022 (Photo by Thomas COEX / AFP) (AFP)

Si un accord a été trouvé pour les élections législatives, il reste des sujets sur lesquels les deux partis sont diamétralement opposés.

La France Insoumise et Europe Écologie - Les Verts ont finalement réussi à sa mettre d'accord en vue des élections législatives, au terme de négociations qui ont duré plusieurs jours, et qui ont connu plusieurs rebondissements. Au final, une centaine de circonscriptions reviennent aux écologistes dans le cadre de cette "Nouvelle union populaire écologiste et sociale".

Dans le texte commun, LFI et EELV mettent en lumière leurs "objectifs programmatiques communs", qui serviront de base à l'écriture prochaine d'un "programme partagé de gouvernement de plusieurs centaines de propositions". Les candidats ainsi investis sous la bannière de la "Nouvelle union populaire écologique et sociale" défendront donc une hausse du Smic à 1 400 euros, la retraite à 60 ans, un blocage des prix sur les produits de première nécessité, la planification écologique et la VIe République.

Des désaccords surmontés

Pour aboutir à la signature de cet accord, un consensus a donc du être trouvé, comme sur le nom de l'alliance, EELV refusant le nom "Union populaire" proposé à l'origine ou sur la répartition des circonscriptions entre les partis.

Un accord sur ces sujets, synthèse des programmes défendus par EELV et LFI à la présidentielle, qui ne masque pas certains désaccords profonds entre les deux partis, qui ont notamment opposé Jean-Luc Mélenchon à Yannick Jadot durant la campagne présidentielle, le plus emblématique concernant la politique internationale.

L'international, clivage enfoui sous le tapis ?

Solution trouvée pour aboutir à un accord ? Les exclure des négociations. "L’international n’est pas vraiment du domaine de l’Assemblée", justifiait Julien Bayou sur France Info le 27 avril dernier, évoquant des "désaccords qui sont constants. Ils ne sont pas nouveaux. Au Parlement européen, nos groupes écologistes et insoumis votent très différemment sur les sanctions à l’égard de la Russie ou autre”, rappelait le chef de file d'EELV.

Parmi les principaux désaccords concrétisés ces derniers mois : la décision de livrer des armes à l'Ukraine pour lutter contre l'invasion russe. EELV soutient l'idée, LFI s'y oppose. Même désaccord concernant l’embargo sur le pétrole ou le gaz russe : la France insoumise n’y est pas favorable, au contraire des écolos. Concernant l'OTAN, Jean-Luc Mélenchon propose d'en sortir tandis qu'EELV souhaite se maintenir dans l'organisation.

Des différences survolées dans l'accord

Autant de désaccords sur l'internationale survolés dans l'accord signé pour les législatives, les négociateurs évoquant une déclaration de principes pour la recherche de la paix, le respect de l'intégrité territoriale des pays et l'entame de "coopérations altermondialistes".

Sur l'Europe, les deux partis ne sont pas non plus sur la même longueur d'ondes. Pro-européen, EELV a réussi à s'entendre avec LFI et son programme plus eurosceptique. Si une sortie de l'UE est exclue par les deux partis, ils se disent prêts "à désobéir à certaines règles européennes" qui sont "en décalage voire en contradiction avec les impératifs de l’urgence écologique et sociale".

Jadot s'opposait à un tel accord

Une rupture avec les propos de Yannick Jadot sur France Inter le 26 avril. "Je ne suis pas prêt à mettre un pied dans une logique où chaque pays va choisir les thèmes sur lesquels il est prêt à avoir une souveraineté partagée", disait-il. "Mon parti ne dira pas ok sur le point de la désobéissance civile aux traités de l'Union européenne, telle que conçu par Jean-Luc Mélenchon. S'il le fait, je ne serai pas d'accord avec cet accord-là", assurait-il alors.

Le texte d'accord signé entre les deux partis vise notamment "le pacte de stabilité et de croissance" (PSC), qui oblige les États à maintenir leur déficit en dessous de 3% du PIB et leur dette publique à un niveau inférieur ou égal à 60% de leur PIB.

Un accord qui fait dire à la majorité présidentielle que "Europe Écologie-Les Verts n'a désormais d'Europe plus que le nom" comme l'a lancé Fabienne Keller, députée européenne LREM et vice-présidente d'Agir, tandis que d'autres estiment qu'ils ont renié leurs idées.

Une alliance pour les législatives qui risque d'être mise à rude épreuve à l'Assemblée nationale, où des décisions internationale comme un embargo sur le gaz russe ou la livraison d'armes à l'Ukraine, sujets qui divisent les deux partis, peuvent être débattus.

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