Trêve en question et accord d'échange de prisonniers au Yémen

Lors d'un rassemblement pro-Houthis à Sanaa. lLes parties en guerre au Yémen ont décidé mercredi de procéder à l'échange de plusieurs centaines de prisonniers parallèlement aux pourparlers de paix qui se tiennent en Suisse, tandis que les deux camps s'accusaient mutuellement de violer le cessez-le-feu à peine entré en vigueur. /Photo prise le 15 décembre 2015/REUTERS/Khaled Abdullah (Reuters)

ADEN/GENEVE (Reuters) - Les parties en guerre au Yémen ont décidé mercredi de procéder à l'échange de plusieurs centaines de prisonniers parallèlement aux pourparlers de paix qui se tiennent en Suisse, tandis que les deux camps s'accusaient mutuellement de violer le cessez-le-feu à peine entré en vigueur. Mesure de confiance censée favoriser les pourparlers, cette trêve de sept jours est devenue applicable mardi à la mi-journée. Il s'agit de faire cesser la guerre civile en cours depuis neuf mois entre les Houthis, rebelles chiites soutenus par l'Iran, et les combattants du sud et de l'est du pays restés loyaux au président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi. Ces derniers sont soutenus par les frappes aériennes d'une coalition de pays arabes emmenée par l'Arabie saoudite. La guerre civile a fait 6.000 morts. Selon les termes de l'accord d'échange de prisonniers, environ 360 membres du mouvement houthi détenus à Aden, le grand port du sud du Yémen, seront échangés contre 265 combattants et civils sudistes. Les deux groupes sont montés dans des autocars qui se dirigent vers le lieu de l'échange, situé dans le centre du pays, selon des responsables des deux camps. Malgré la trêve, les frappes aériennes saoudiennes ont touché des positions houthies dans deux zones de conflit mercredi, a-t-on appris auprès des habitants. "Des avions de la coalition ont mené une frappe aérienne sur les positions des Houthis et des forces de Saleh (l'ex-président yéménite, NDLR) dans le secteur de Nadj, district de Sirouah, après des violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré un habitant joint par téléphone dans la province de Mareb, dans le centre du pays. FRAPPES AÉRIENNES A Taëz, des habitants ont aussi fait état d'une frappe aérienne après le lancement de roquettes sur le secteur par les forces houthies. Un officier de la coalition a été tué par ces tirs de roquettes, rapporte l'agence de presse saoudienne SPA. Le général Charaf Loukman, porte-parole des forces yéménites liées à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, allié aux Houthis, a parlé, à propos de la coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite, d'une "grave escalade sur terre, sur mer et dans les airs" dans diverses régions, notamment dans le secteur de Hodaïda et de Taëz, selon l'agence de presse Saba contrôlée par les Houthis. "Nous répondrons aux violations dont sont responsables l'alliance et ses mercenaires", a-t-il dit. Dans le camp adverse, le site d'information sananew.net contrôlé par les pro-Hadi a fait état de bombardements menés par les Houthis dans le secteur de Taëz. Le bilan est de huit morts et une vingtaine de blessés. En visite au Caire, le général saoudien Ahmed al Assiri, porte-parole de la coalition, a indiqué que l'alliance mise en place par Ryad contre le mouvement chiite yéménite était tenue par la trêve mais qu'elle était prête à riposter, rapporte le quotidien saoudien Al Ryad. Dans la soirée, interrogé sur la chaîne de télévision Al Akhbariya, le général Assiri a accusé les Houthis d'avoir violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises et a ajouté qu'une telle situation risquait de faire capoter la trêve. "Il y a eu environ 150 violations du cessez-le-feu", a-t-il dit. "Nous demandons instamment aux Nations unies de dire clairement aux Houthis qu'on ne peut tolérer de telles pratiques et que la trêve peut s'effondrer à tout moment." (Ali Abdelati, Maha El Dahan et Omar Fhamy; Henri-Pierre André, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)