Accidents de Boeing 737 MAX: Boeing reconnaît des «défauts»

Réunion décisive pour Boeing ce jeudi. La FAA, régulateur aérien américain, invite ses homologues internationaux au Texas, à Fort Worth Port, pour discuter des modifications apportées sur le système anti décrochage du 737 MAX de Boeing. Le logiciel a été mis en cause dans les deux catastrophes aériennes de Lion Air le 29 octobre dernier et d'Ethiopian Airlines du 10 mars provoquant au total la mort de 346 personnes. Depuis, tous les appareils sont cloués au sol et ne pourront reprendre du service qu'après une nouvelle certification. C'est l'objectif de la réunion de ce jeudi.Est-ce que le régulateur américain en charge des certifications des avions s'est montré trop souple avec Boeing ? A-t-il certifié trop vite le dernier-né de l'avionneur, le 737 MAX et son logiciel anti-décrochage MCAS pour lui permettre de rattraper son retard vis-à-vis d' Airbus, son concurrent direct avec l'A320 Neo ?Il se pourrait que par manque de moyen, la FAA, organisme indépendant, ait confié une partie de la certification de l'appareil et de son logiciel anti-décrochage à des ingénieurs de Boeing. De quoi ébranler sérieusement la crédibilité de l'autorité fédérale et mettre à mal la confiance réciproque entre régulateurs.Même si la FAA affirme que la certification du 737 MAX a suivi la procédure classique, elle va devoir affronter les représentants de 33 pays présents à la réunion. Les Américains, qui ont été les derniers à clouer les appareils au sol après l'accident d'Ethiopian Airlines, devront donc jouer la transparence. Pour Boeing qui n'est pas convié à cette réunion, l'enjeu est important. L'avionneur qui a effectué plus de 200 essais en vol avec le 737 MAX modifié espère la reprise dans les airs de ses appareils dans les mois qui viennent.Le régulateur américain devra donc convaincre ses partenaires internationaux que cette fois-ci tout a été fait comme il se doit.

Aux Etats-Unis, pour la première fois, Boeing commence à reconnaître des négligences dans la formation des équipages des Boeing 737 MAX dont deux  exemplaires se sont écrasés fin 2018 et début 2019. Le constructeur américain parle à ce stade de « défauts » sur les simulateurs de vols ayant permis aux pilotes de s'entraîner et annonce « des corrections sur les logiciels ». Ces simulateurs ne reproduisaient pas exactement le fonctionnement de la dernière version du 737, mais Boeing assurait pourtant à ses clients qu'ils pouvaient parfaitement servir à la formations des équipages, en ajoutant quelques cours supplémentaires.

Boeing parle de « défauts ». Certains experts évoquent quant à eux, depuis plusieurs mois, d'un « manque d'informations » vis à vis des utilisateurs, car à y regarder de près les simulateurs employés par les compagnies aériennes remplissaient bien leur rôle, mais ils reproduisaient les perfomances et le fonctionnement du 737 NG et non du 737 MAX.

Problème, le 737 NG, la version précédente de l'avion ne disposait pas du système de stabilisation MCAS, spécialement conçu pour le 737 MAX afin de limiter les risques en conditions de décrochage...

Des changements importants d'un modèle à l'autre

Hors le NG et le MAX sont des avions différents. La nouvelle motorisation du 737 MAX a imposé des changements importants. Le moteur placé très en avant de l'aile est plus lourd et les deux avions ne se comportent pas de la même manière lors de certaines phases critiques.

Pourtant assure la compagnie américaine South West, Boeing avait souligné que « les différences avec le NG étaient minimes et pouvaient être comblées par une simple formation supplémentaire des pilotes ». En fait certains experts affirment que  le MCAS pouvait « masquer » les différences de pilotage entre les deux avions au point que certaines compagnies ne savaient peut-être pas que ce système existait et donc que les pilotes n'ont pas su quelles procédures appliquer lorsqu'il s'est montré défaillant.