Accident de métro à Mexico : à la recherche des responsables

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Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a promis, mardi, une "enquête approfondie" et indépendante, sur l'accident du métro aérien à Mexico qui a fait au moins 25 morts et quelque 80 blessés, après l'effondrement d'un pont sur une ligne ayant déjà connu des problèmes d'infrastructures.

Le Mexique entame la recherche des responsabilités. Le président Andrés Manuel López Obrador s'est engagé, mardi 4 mai, à ce que toute la lumière soit faite sur l’effondrement d’un pont du métro aérien survenu la nuit précédente dans la capitale, qui a fait au moins 25 morts et quelque 80 blessés.

"Il va y avoir une enquête approfondie, sans égard d'aucune sorte, pour chercher à connaître la vérité (...), à partir de laquelle la responsabilité sera établie", a déclaré le chef de l'État en conférence de presse, ajoutant que l'enquête était confiée au parquet fédéral et à celui de la ville de Mexico, et qu’elle recevra l'appui d'experts internationaux indépendants. Le bureau du procureur de Mexico a annoncé que l'enquête porterait sur les crimes d'homicide involontaire et de dommages matériels

Alors que les services d'urgence cherchaient toujours les corps des victimes piégées dans le métro, les regards se tournaient notamment vers l'actuel ministre des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, qui était maire de la ville au moment de l'inauguration, le 30 octobre 2012, de cette ligne "maudite".

"Qu'il vienne ici voir ce qu'il nous a laissé. C'est lui le responsable", a hurlé une femme devant les caméras sur place, en proférant des accusations de corruption à son encontre.

Marcelo Ebrard, présent à la conférence de presse, a évoqué un " triste jour pour tous". Le ministre et potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2024, a déclaré de se mettre " à l'entière disposition des autorités".

L'accident s'est produit dans la nuit de lundi à mardi près de la station Olivos, après l'effondrement d'un pont de 12 mètres de haut qui a fait plonger à son passage une rame du métro dans le vide.

Les caméras de sécurité ont enregistré la chute soudaine de l'énorme structure dans un nuage de poussière. Les voisins de la zone se sont précipités pour aider les survivants, avant d'être remplacés par des dizaines de pompiers et de secouristes.

Tout le secteur a été bouclé par la police et l'armée qui ont dressé un périmètre de sécurité. Des grues sont entrées en action pour soulever les blocs de béton et de métal, et dégager ainsi les possibles survivants.

Accusation de négligence

Cet accident, l'un des pires à avoir frappé le métro de Mexico, soulève des questions sur les normes de construction et d'entretien d’un réseau utilisé quotidiennement par environ 4,5 millions de passagers.

La presse locale a évoqué les polémiques qui avaient surgi au moment de la construction de cette ligne d'environ 25 km qui traverse le sud de la capitale, ainsi que ses problèmes récurrents de fonctionnement.

La ligne 12 est l'une des deux lignes du métro mexicain qui ne fonctionne pas sur pneumatiques, mais sur voie ferrée traditionnelle. Depuis le début des opérations, une usure des rails et des roues des trains avait été détectée, qui avait forcé, en mars 2014, le successeur de Marcelo Ebrard à suspendre le service dans 12 stations. Une étude avait alors conclu à des problèmes de conception, d'exploitation et d'entretien des voies.

Fernando Espino, dirigeant du syndicat des travailleurs du métro, a déclaré à la chaîne de télévision Milenio que des ingénieurs avaient déjà signalé à plusieurs reprises des défaillances. "Il se peut que ce soit de la négligence, qu'ils n'aient pas pris la chose au sérieux", a-t-il ajouté, notant que, contrairement aux autres lignes de métro, la maintenance de la ligne 12 est assurée par une entreprise extérieure.

L’actuelle maire de Mexico, Claudia Sheinbaum, a assuré que des travaux de maintenance étaient effectués "tous les jours" sur les différentes lignes.

Il s'agit du second accident de métro depuis le début de l'année. En janvier, un incendie avait endommagé les installations de contrôle du réseau, faisant un mort et 29 blessés.

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, du 4 au 6 mai.