"Pas un accident" : l'appel d'une mère après la mort de son fils de 2 ans, écrasé par son ex-conjoint violent

La balance de la justice. - LOIC VENANCE / AFP

Devant les tribunaux, et alors même que le suspect a demandé sa remise en liberté à la justice, Tiffany martèle que la mort de son enfant de deux ans n'est pas accidentelle.

Une histoire de violences conjugales qui se termine par un drame. Le 16 septembre dernier, le petit Kassim, âgé de seulement deux ans, trouvait la mort au Grau-du-Roi dans le département de Gard après avoir été renversé par la voiture du nouveau conjoint de sa mère, un certain Yassine Sahnoune, depuis incarcéré pour homicide volontaire.

Violence généralisée

Dans les colonnes du Midi-Libre, Tiffany, 27 ans, la mère de Kassim, prend la parole et refuse de croire à la thèse de l'accident, alors que le conducteur a déposé une demande de remise en liberté.

"Ce n'était pas un accident. Je veux qu'il soit jugé pour meurtre", accuse-t-elle.

Car la mort de l'enfant est le pinacle de plusieurs mois de violences conjugales au cours desquels la mère de famille a subi insultes, coups et harcèlement moral, relate le quotidien régional.

"Au départ, on se dit que c'était à cause de l'alcool, qu'il va changer. C'étaient des violences physiques ou psychologiques, des insultes, sur moi et les enfants. Mes enfants n'avaient plus le droit d'avoir un lien avec leur papa. Il m'a mis un couteau sous la gorge devant eux, ils en sont encore marqués", détaille-t-elle.

Le jour du drame, Tiffany annonce enfin à son compagnon qu'elle le quitte, entraînant une série d'insultes et de coups. Craignant pour la sécurité de ses enfants - elle en a trois, tous issus d'une précédente relation - elle décide d'appeler la police. L'homme violent parvient à faire monter la mère dans sa voiture devant ces derniers, et tente une manoeuvre alors qu'il sait que ceux-ci sont à proximité du véhicule. "D'un coup, il est parti en marche arrière, avec les portières ouvertes. J'ai entendu mes deux autres enfants hurler leur frère, j'ai compris qu'il s'était passé quelque chose."

"J'ai vu mon fils à terre, je lui ai dit : 'Kassim est mort'", dit-elle, après être parvenue à quitter l'habitacle.

L'homme prend alors la fuite et se rend à la police dès le lendemain. Il est en détention provisoire depuis ce jour.

La justice dubitative

Ce mercredi, la cour d'appel de Nîmes examinait la demande de remise en liberté de Yassine Sahnoune, qui comparaissait en visioconférence depuis sa cellule. Déjà condamné à 18 reprises par le passé, le cas du prévenu devrait être tranché ce vendredi.

Toutefois, l'avocat général presse pour que la remise en liberté ne se fasse pas. "Il a déjà été condamné pour évasion sous bracelet électronique, il est clair qu'il ne respectera pas le moindre contrôle judiciaire", lance-t-il, dans des propos repris par le Midi-Libre.

Article original publié sur BFMTV.com

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