Accents normands : chacun le sien

Sur le marché de Cany-Barville (Seine-Maritime), ils s'en donnent à cœur joie. Deux amis, la vingtaine, s'amusent à souligner les spécificités dans le langage de l'autre, l'accent normand local. Iryna Lekha-Lemarchand, auteure d'une thèse sur le sujet, résume : "L'accent, c'est toujours l'autre qui l'a. Il existe à partir du moment où on le perçoit". Pendant sept ans, la chercheuse a analysé lettre par lettre les accents de la banlieue de Rouen. L'opposition ville-campagne "Même entre villes, on a des intonations différentes", explique rieur Michel, habitant du Pays de Caux. Une manière de parler plus "campagnarde" en opposition à celle du Havre et ses dockers. Une étude menée il y a vingt-cinq ans est pourtant claire, l'accent du Havre serait un mythe. En réalité, il s'agirait d'accentuations propres aux villes urbaines du nord de la France. En conclusion, l'opposition existerait surtout entre ville et campagne.