Accalmie en vue à Wall Street après l'envolée des marchés mondiaux

par Laetitia Volga
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LES BOURSES EUROPÉENNES EN HAUSSE À MI-SÉANCE
LES BOURSES EUROPÉENNES EN HAUSSE À MI-SÉANCE

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Wall Street devrait ouvrir dans le désordre au lendemain d'une séance faste et la plupart des Bourses européennes confortent mardi à mi-séance leur forte hausse de la veille, toujours encouragées par les grands espoirs d'un vaccin contre le COVID-19 qui pourrait mettre fin aux risques économiques de la pandémie.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,7% pour le Dow Jones mais en baisse de 0,2% pour le Standard & Poor's et de 1,6% pour le Nasdaq.

Lundi, les indices américains ont atteint des niveaux historiques mais la hausse s'est essoufflée en fin de séance après les propos du sénateur Mitch McConnell qui a assuré que Donald Trump était entièrement en droit d'examiner des "irrégularités" lors du scrutin présidentiel.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,88% mardi à 5.382,99 points vers 12h20 GMT. À Francfort, le Dax est stable et à Londres, le FTSE prend 1,25%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 avance de 0,52%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,52% et le Stoxx 600 de 0,43%.

Ce dernier a grimpé la veille à un plus haut depuis mars avec un gain d'environ 4% et l'indice mondial MSCI, qui regroupe 49 marchés, a inscrit un pic historique après l'annonce par Pfizer que son candidat vaccin était efficace à 90% contre le coronavirus, selon une étude à grande échelle.

"Nous avons une sorte de consolidation des marchés mais je ne pense pas que ce soit surprenant étant donné l'ampleur des mouvements de lundi. La nouvelle que nous avons reçue était clairement un grand pas en avant (...), une pièce importante du puzzle pour remettre l'économie mondiale sur pied", a déclaré Hugh Gimber chez J.P. Morgan Asset Management.

La route reste toutefois encore longue avant une possible distribution d'un vaccin contre un virus qui continue de sévir essentiellement aux Etats-Unis et en Europe. La Bourse de Milan cède 0,39% alors que cinq régions italiennes devraient durcir mercredi leurs restrictions sanitaires, a-t-on appris lundi d'une source au ministère de la Santé.

En Allemagne, face à la deuxième vague de l'épidémie, le climat des affaires s'est dégradé plus que prévu, tombant à 39,0 contre 56,1 en octobre.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Dans les échanges avant l'ouverture de Wall Street, Netflix, Amazon, Facebook et Apple lâchent entre 1,8 et 2,3%, les investisseurs privilégiant les secteurs qui devraient le plus bénéficier d'une reprise de l'économie.

VALEURS EN EUROPE

Parmi les plus fortes hausses sectorielles en Europe, l'indice Stoxx des banques gagne 2,72% avec les espoirs de retour à la normale économique et la remontée des rendements obligataires.

A Paris, BNP Paribas prend 4,81%, Société générale 2,26% et Crédit agricole 2,67%.

Parmi les secteurs les plus à même de profiter d'une reprise de l'activité, l'énergie s'adjuge encore 2,92%, les matières premières 1,42%.

Mais la performance du jour est pour le groupe d'immobilier commercial Unibail-Rodamco-Westfield, dont l'action bondit de 19,74% après le rejet par les actionnaires du projet d'augmentation de capital de 3,5 milliards d'euros présenté en septembre par la direction.

A la baisse, le compartiment des technologiques (-1,31%) continue de souffrir de la rotation sectorielle déclenchée par les annonces de Pfizer et BioNTech: Worldline (-2,66%), STMicroelectronics (-3,45%), Capgemini (2,01%) et Dassault Système (-1,57%) figurent ainsi parmi les plus fortes baisses du CAC.

Adidas perd 5,69% à Francfort, l'équipementier sportif ayant dit s'attendre à une baisse des ventes sur les trois derniers mois de l'année en raison des nouveaux confinements imposés face à la pandémie.

CHANGES

L'indice mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence se stabilise (+0,05%) après avoir pris 0,54% lundi.

"Malgré la prise de risque, le dollar américain, monnaie refuge, enregistré des gains par rapport à ses pairs, ce qui est le contraire de ce qu'il fait normalement en cas de bonnes nouvelles. Cette dynamique pourrait s'expliquer par le fait qu'un vaccin mis au point plus tôt que prévu pourrait stopper la pandémie au premier semestre 2021 et être la lumière au bout du tunnel pour les politiques accommodantes de la Fed, qui sont à bout de souffle", a commenté Ricardo Evangelista chez ActivTrades.

Parallèlement, l'euro est inchangé autour de 1,181 dollar.

La livre avance d'environ 0,7% contre le dollar et contre l'euro, portée par le double espoir qu'un vaccin contre le coronavirus remettrait l'économie britannique sur les rails et que la Grande-Bretagne puisse conclure un accord commercial avec l'Union européenne d'ici la fin de l'année.

TAUX

Après avoir bondi lundi à un plus haut depuis mars, le rendement des Treasuries à dix ans cède 1,5 point de base à 0,9425%.

En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance accentue ses gains de la veille et monte à -0,5%, après un plus haut d'un mois à -0,484%.

PÉTROLE

Le marché du pétrole est orienté à la hausse, la perspective d'un vaccin contre le COVID-19 dissipant pour le moment les craintes d'un affaiblissement de la demande à court terme dans les pays les plus touchés par l'épidémie.

Le baril de Brent prend 1,32% à 42,96 dollars et celui du brut léger américain 1,09% à 40,73 dollars. Lundi, ils avaient respectivement pris 7,5% et 8,5%

(édité par Patrick Vignal)