Abus sexuels : les témoignages qui accablent l'Unef

Libération.fr
Lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, en octobre 2010, à Paris.

«Libération» a recueilli les témoignages de seize femmes victimes déclarées de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols de la part de dirigeants de l’organisation étudiante entre 2007 et 2015. Longtemps inaudibles, ou silencieuses, ces anciennes militantes racontent des années de sexisme du syndicat et son apparent laisser-faire face aux violences sexuelles.

Quand elle s’installe pour dormir au camping de la Fête de l’Humanité, en septembre 2014, Laurie (1) est épuisée. Depuis peu militante de l’Unef (Union nationale des étudiants de France), elle vient de passer la journée à tenir le stand syndical avec ses camarades. Comme chaque fin d’été, ce rendez-vous de toute une partie de la gauche est l’occasion pour l’organisation d’engranger de nouvelles adhésions. Malgré la fatigue, Laurie ne va pas trouver le sommeil.

Membre de la direction du syndicat, entré à l’Unef au milieu des années 2000, Grégoire T. insiste pour la suivre dans sa tente, plantée dans le camping éphémère du parc de La Courneuve. Ils ont déjà eu plusieurs relations sexuelles sans lendemain. Mais ce soir, Laurie ne le souhaite pas. «J’avais prévu de dormir avec une autre militante mais il s’est invité, relate l’étudiante. Il espérait pouvoir coucher avec nous deux.» Rapidement, la seconde jeune femme s’endort. «Il me dit qu’il a le droit à une fellation en dédommagement, ce que je refuse, poursuit Laurie. Il commence alors à appuyer sur ma tête. Je refuse encore. Il appuie de plus en plus fortement. Je le repousse encore. Il met alors la main dans ma culotte et m’embrasse de force. Et recommence pendant plusieurs minutes.» La militante n’en peut plus. Elle veut que ça cesse : «J’ai fini par me laisser faire.» Pendant longtemps, Laurie ne réalise pas vraiment ce qu’elle vient de vivre. Aujourd’hui, elle parle de viol. Trois ans après les faits, Grégoire T., devenu journaliste, a lui une autre version de la soirée, assurant que sa partenaire était consentante pour une fellation et que tout s’est (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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