Abus sexuels: un rapport détaille les ratés du Vatican dans l'affaire McCarrick

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Le Vatican a publié ce mardi le « rapport McCarrick », du nom de l’ancien archevêque de Washington réduit à l’état laïc l’an dernier par le pape François après de multiples révélations sur ses prédations sexuelles.

Avec notre correspondant au Vatican, Éric Sénanque

Fruit d’une enquête minutieuse menée dans l’Église américaine comme au Vatican, le rapport publié ce mardi détaille les dysfonctionnements qui ont permis à Theodore McCarrick d’accéder aux plus hautes fonctions dans l’Église catholique.

L’enquête aura duré plus de deux ans. Sur près de 450 pages, l’histoire du cardinal américain devenu l’une des figures majeures de l’Église aux États-Unis est reconstituée. Elle détaille surtout les mises en gardes progressives sur le comportement sexuel pour le moins ambigu du prélat.

Le tournant se situe sous le pontificat de Jean-Paul II. Alors que les témoignages s’accumulent selon lesquels Theodore McCarrick « partage son lit » avec des séminaristes, et malgré les mises en garde de l’archevêque de New York de l’époque, le pape polonais le nommera à Washington en 2000 avant de le faire cardinal un plus tard.

L’enquête révèle que l’Américain se rend à Rome pour plaider sa cause auprès du secrétaire personnel de Jean-Paul II. Theodore McCarrick traversera aussi les années Benoît XVI sans procès. L’enquête du Vatican relève que ce sont de nombreux témoignages « erronés et incomplets » sur l’Américain qui lui ont permis d’éviter toute sanction pendant des années.

Aucune personne n’est cependant nommément mise en cause, le Vatican a souhaité jouer la transparence mais dédouane surtout les papes successifs sous lesquels Theodore McCarrick est monté dans la hiérarchie catholique. Il répond surtout à l’ancien nonce à Washington Carlo Maria Vigano qui avait accusé le pape François d’avoir maintenu McCarrick à sa charge malgré son passé.

Des révélations qui sont « une page douloureuse de l'histoire récente du catholicisme » a commenté le Vatican ce mardi. Une blessure « encore ouverte et sanglante » aux États-Unis comme à Rome.