Abus sexuels dans l'Église: la victime du cardinal Ricard a vécu "un traumatisme d'une grande violence"

Le cardinal Jean-Pierre Ricard le 22 février 20076 à Bordeaux - MICHEL GANGNE © 2019 AFP
Le cardinal Jean-Pierre Ricard le 22 février 20076 à Bordeaux - MICHEL GANGNE © 2019 AFP

En février dernier quand elle découvre que le cardinal Jean-Pierre Ricard va superviser une communauté catholique dans le tourment après des accusations sexuelles contre son fondateur, cette femme de 49 ans ne peut plus se taire. Elle contacte les autorités religieuses pour dénoncer des faits de nature sexuelle commis il y a 35 ans par l'homme d'Église, comme l'explique la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France.

Un "ami de la famille"

Cette nomination a été "insupportable" pour cette femme, témoigne auprès de France Inter Véronique Margron, évoquant "un choc énorme" pour cette victime présumée.

La responsable reçoit cette femme. Elle lui raconte avoir été victime du cardinal Jean-Pierre Ricard lorsqu'elle était âgée de 14 ans. Les faits se sont déroulés "dans un cadre proche familial", poursuit Véronique Margron expliquant que l'homme d'Église était "un ami de la famille". Un prêtre qui a célébré le mariage de la jeune fille devenue adulte.

"C’est crédible et sincère ce qu’elle me racontait. Le traumatisme qu’elle a vécu est extrêmement fort et a été d’une grande violence", témoigne la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France.

Des faits "minimisés"

Les faits ont été dénoncés par un courrier des parents de cette femme "se montrant virulents envers  Monseigneur Ricard suite à sa désignation pour diligenter une enquête sur des foyers d’accueil", explique le parquet de Marseille dans un communiqué.

Le cardinal serait alors passé aux aveux auprès de l'évêque de Nice reconnaissant avoir "embrassé" la fille de ce couple, aujourd'hui âgée de 49 ans.

L'évêché de Nice a alors réalisé un signalement auprès de l'autorité judiciaire qui a ouvert une enquête pour "agression sexuelle aggravée". Véronique Margron craint que le cardinal Ricard ait "minimisé" les faits qui lui sont reprochés et estime qu'il est "moralement impensable" que l'homme d'Église reste dans ses fonctions.

"Des mesures disciplinaires seront prises à Rome à son encontre, je ne peux pas imaginer que jusqu’à 80 ans, il pourrait être électeur du prochain pape dans le contexte où nous parlons", conclut la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France.

Article original publié sur BFMTV.com