Abus sexuels dans l'Église: réuni en assemblée à Lourdes, l'épiscopat français sous pression

AFP - ERIC CABANIS

Dans un climat particulièrement tendu, les évêques de France sont réunis en assemblée plénière, à Lourdes, depuis ce jeudi matin et jusqu'à mardi prochain. Après la révélation d'une nouvelle affaire sexuelle, les fidèles réclament à l'épiscopat plus de transparence.

Ce nouveau scandale a éclaté mi-octobre. Il concerne l'ancien évêque de Luçon et de Créteil que le Vatican a sanctionné pour des « abus spirituels ayant mené à du voyeurisme ». Dans les années 1990, au cours de « strip-confessions », Mgr Michel Santier, alors prêtre dans la Manche, a demandé à deux hommes majeurs de se déshabiller. Le prélat a reconnu les faits. Deux autres évêques étaient au courant : Mgr Blanchet, son successeur à Créteil et par ailleurs vice-président de la Conférence des évêques de France, et l'archevêque de Paris, Mgr Aupetit, à qui les victimes se sont adressées en décembre 2019.

Mais s'ils ont fait remonter le scandale à Rome, ceux-ci se sont bien gardés d'en informer les fidèles. L'affaire a été révélée il y a un mois par le site Golias, puis l’hebdomadaire Famille chrétienne. Si Mgr Santier a démissionné en juin 2020, avec l'accord du pape, c'est à cause de ce scandale, et non pas en raison du Covid qu'il a attrapé et l'a affaibli, comme l'ont alors prétendu les responsables ecclésiastiques.

L'homme n'a quitté officiellement sa charge qu'en janvier 2021, et ce n'est qu'en octobre de la même année que Rome a prononcé à son encontre des sanctions disciplinaires. Sommé de « mener une vie de prière et de pénitence », Mgr Santier s'est retiré dans une communauté religieuse, en Normandie, où il exerce notamment la fonction d'aumônier, et où il peut encore célébrer des messes.

Rapport sur les abus sexuels dans l'Église


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