Abus sexuels dans l'Église: en France, l'indemnisation des victimes tarde à voir le jour

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L'Église catholique française devait indemniser les victimes d'abus sexuels, dont on estime le nombre à au moins 3 000. Le principe avait été acté lors de l'assemblée plénière des évêques de France, en novembre 2019. Un an après, rien n'a avancé. L'Église semble même reculer sur ce dossier. En tout cas, aucune annonce concrète n'a été faite ce jeudi 5 novembre, alors que les évêques, réunis virtuellement pour leur assemblée plénière d'automne, ont consacré leur journée à des débats sur la lutte contre la pédophilie.

Officiellement, c'est un problème de nom qui ralentit la mise en place de cette mesure. S’agit-il d’une indemnisation, d’un dédommagement, ou d'une simple allocation ?

« À partir du moment où on peut lui donner un nom, nous lui donnons aussi une signification. Et je vous assure qu'il faut vraiment du temps pour accepter de s'écouter, de se parler et de chercher ensemble les mots justes qui vont correspondre à tout le monde, pas simplement pour les personnes victimes qui sont avec nous à réfléchir. Qu'ils puissent convenir à tous les évêques, à tous les fidèles, et aussi à la société en nous regardant faire », explique Monseigneur Dominique Blanchet, vice-président de la Conférence des évêques de France.

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Les fidèles peinent à faire preuve de générosité sur ce terrain

Au-delà de la sémantique, ce qui pose surtout problème, c'est l'argent. Aors que les finances de l'Église sont dans le rouge, les évêques comptaient sur la générosité des fidèles. Mais visiblement, ces derniers ne sont pas prêts à mettre la main à la poche pour réparer les erreurs de l'Église.

« On est de l'ordre de la solidarité, du prendre soin de son frère ou de sa soeur qui a été tragiquement abîmé. On a compris, il y a un an, que nous n'étions pas compris. On a vraiment un travail à faire sur cette signification pour bien la communiquer », reprend Monseigneur Blanchet.

Autre question qui divise : le montant de cette indemnité. Certaines victimes se contenteraient d'une réparation symbolique, quand d'autres réclament une somme conséquente leur permettant de prendre en charge les séances de thérapie nécessaires à leur reconstruction.