Abus sexuels dans l'Église : environ 3 000 pédocriminels recensés, selon le rapport Sauvé

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Un rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) évalue à 3 000 le nombre de pédocriminels recensés dans l'Église catholique, affirme son auteur, Jean-Marc Sauvé, dans une interview au Journal du Dimanche.

Le rapport Sauvé évalue à 3 000 le nombre de pédocriminels recensés dans l'Église catholique en France depuis 1950, a déclaré, dimanche 3 octobre, Jean-Marc Sauvé, dans le JDD.

"Nous avons évalué leur nombre à 3 000, sur 115 000 prêtres et religieux, depuis les années 1950", a précisé, dans une interview, le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

"Les deux tiers sont des prêtres diocésains. Nous avons demandé aux évêques et supérieurs de relayer notre désir d'entendre les abuseurs. Finalement, onze auteurs ont accepté d'être auditionnés", a-t-il ajouté dans les colonnes du JDD.

Deux ans et demi après la création de la Ciase, son président doit remettre, mardi, son rapport à la Conférence des évêques de France (CEF) et à la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui ont chargé la commission de faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l'Église et de proposer des mesures correctives et réparatrices.

Place au vécu des victimes, et travaux d'enquête multidisciplinaires

Âgé aujourd'hui de 72 ans, cet ancien grand serviteur de l'État vient de passer près de trois ans à piloter cette mission périlleuse, dont les conclusions risquent de faire l'effet d'une forte déflagration.

Au sein de cette instance qu'il a lui-même choisie et composée, Jean-Marc Sauvé a forgé une méthode plutôt plébiscitée : place donnée au vécu des victimes, réunions publiques, travaux d'enquête multidisciplinaires (psychiatrie, sociologie, histoire, protection de l'enfance, théologie, droit...).

Plusieurs membres de la Ciase, mais aussi des religieux, louent la "rectitude" et l'"honnêteté" d'"un grand monsieur", "grand travailleur".

Quant aux victimes qui s'interrogeaient, au démarrage des travaux en 2019, sur l'indépendance réelle de cette commission présidée par un catholique "bon teint" et financée par l'épiscopat et les ordres religieux, elles semblent satisfaites.

François Devaux, cofondateur de l'association La parole Libérée, à l'origine des affaires Preynat et Barbarin, concède avoir été "surpris par ses principes éthiques, fondamentalement républicains" et son "souci de faire le travail le plus juste possible".

Il a surtout eu le souci de l'écoute, avec, "chez lui, une profonde commisération vis-à-vis des victimes qu'il a pu rencontrer", confie Philippe Portier, sociologue et membre de la Ciase.

Avec AFP et Reuters

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