Abus sexuels dans l'Église: après les aveux du cardinal Ricard, la sidération

Abus sexuels dans l'Église: après les aveux du cardinal Ricard, la sidération

L'homme de foi fait partie des onze évêques ou anciens évêques qui ont été "mis en cause" devant la justice civile ou la justice de l'Eglise.

L'Église catholique une nouvelle fois dans l'oeil du cyclone. Ce lundi, Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a annoncé que onze évêques ou anciens évêques ont été "mis en cause" devant la justice civile ou la justice de l'Eglise pour des signalements.

"Il a besoin d'être aidé"

Parmi eux, le cardinal Jean-Pierre Ricard, ancien archevêque de Bordeaux pendant 18 ans, qui pour sa part a reconnu une conduite "répréhensible" avec une adolescente dans les années 1980 dans un message lu en préambule de la Conférence des évêques à Lourdes.

"Il y a 35 ans, alors que j’étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Mon comportement a nécessairement causé chez cette personne des conséquences graves et durables. Je m’en suis expliqué avec elle et lui ai demandé pardon", a ainsi lu Éric de Moulins-Beaufort, qui assure avoir accueilli la nouvelle "comme un choc."

Du côté des fidèles bordelais, l'heure est également à la surprise. "Je prie pour les personnes qui abusent, je prie pour Mgr Jean Ricard parce qu’il a besoin d’être aidé", estime l'une d'entre elles auprès de BFMTV, tandis qu'un autre se dit marqué par la "spontanéité" de cet aveu, qui malgré tout "n'enlève rien à l'horreur des faits."

Aujourd'hui retraité et âgé de 78 ans, il avait été nommé par le Vatican en février dernier comme délégué pontifical pour les Foyers de charité après une affaire d'abus sexuels qui avait touché ces derniers.

Justice des hommes et justice divine

Parmi les autres hommes de foi concernés par ce dossier, "deux autres, qui ne sont plus en fonction, font l'objet d'enquêtes aujourd'hui de la part de la justice de notre pays après des signalements faits par un évêque et d'une procédure canonique" tandis qu'un "troisième fait l'objet d'un signalement au procureur auquel aucune réponse n'a été donnée à ce jour", a ajouté Éric de Moulins-Beaufort.

S'ajoute également Mgr Michel Santier, ancien évêque de Créteil, sanctionné en 2021 par les autorités du Vatican pour des "abus spirituels ayant mené à du voyeurisme sur deux hommes majeurs" dans les années 1990 et dont le silence autour de sa sanction a provoqué ces dernières semaines une vive colère chez les catholiques et les collectifs de victimes.

Les 120 membres de la Conférence des évêques de France (CEF) sont réunis depuis jeudi à Lourdes pour leur assemblée plénière d'automne. Ils ont pour objectif, entre entre autres, de travailler à des "propositions concrètes" afin d'améliorer la communication et la transparence dans les mesures canoniques (du droit de l'Eglise) prises à l'encontre de clercs mis en cause dans des affaires de violences sexuelles.

Article original publié sur BFMTV.com

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