"Abus sexuel", "jeunes filles"... Ces mots qui posent problème dans l'affaire Epstein

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Les blessures observées sur le corps du financier américain peuvent aussi bien correspondre à celles d'une pendaison que d'un homicide par strangulation, révèle le Washington Post.

L'affaire est tentaculaire. Jeffrey Epstein, arrêté le 6 juillet dernier par le FBI, était accusé d'avoir violé des dizaines de mineures moyennant finances. Mais aussi d'avoir constitué un vaste réseau de victimes. Le 10 août dernier, il a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Manhattan, alors qu'il attendait son procès. Dans l'Hexagone, l'affaire fait grand bruit. Notamment parce que des Français sont soupçonnés d'avoir participé à la constitution de ce réseau pédocriminel. 

Adoucir la violence des faits

Tout cela pour dire que les articles sur le sujet sont pléthore dans la presse française. Et que beaucoup (ici, ici ou encore ici entre autres très, très nombreux exemples) parlent "d'abus sexuel", pour évoquer les faits reprochés au milliardaire avant son décès. "Sauf qu'on abuse de chocolat, d'alcool, mais pas d'enfants, note pour L'Express Mié Kohiyama, journaliste et présidente de l'association MoiAussiAmnesie. D'autant plus que cela ne correspond à aucune infraction pénale." 

Si, aux États-Unis, la loi parle de "sex abuse", l'expression se traduit, en français, par "agression sexuelle" ou viol. Des termes qui sont, eux, bien définis dans le code pénal français. "L'emploi du terme 'abus sexuel' est un souci, qui se répercute parfois dans le monde judiciaire, déplore auprès de L'Express l'avocate Carine Durrieu Diebolt, qui se consacre à la défense de victimes de violences sexuelles. J'ai entendu des avocats l'employer, c'est presque devenu un terme générique." Car il n'a bien évidemment pas fallu attendre l'affaire Epstein pour que le terme "abus sexuel" se répande. Depuis des années, l'expression fleurit dans les articles de presse français.  

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Pourrait-on envisager qu'il s'agisse seulement d'une mauvaise traduction d'une langue à l'autre ? Carine Durrieu Diebolt estime que cela va plus loin. "Cela relève plutôt du fait de ne pas dire ce qui est. Le terme 'abus' permet d'éviter la b...Lire la suite sur L'Express.fr

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