Abus de dialyses : «Je coûte un fric fou à la Sécu»

Florence Méréo
Jean-Luc, 65 ans, se rend trois fois par semaine dans un centre à Nice (Alpes-Maritimes) pour effectuer sa dialyse

Jean-Luc, 65 ans, souffre d’insuffisance rénale terminale. Il a écrit au ministère des Solidarités et de la Santé et à l’Assurance maladie pour dénoncer les «conditions déplorables» de sa dialyse.


Pour les vacances, sa femme ira quelques jours à Lille, pour voir leur fille. Mais terminées les escapades en amoureux en Angleterre ou en Irlande. Et pour cause : depuis dix-huit mois, les lundis, jeudis et vendredis, de 14 à 19 heures, Jean-Luc se rend à son centre à Nice (Alpes-Maritimes) pour effectuer la dialyse qui va nettoyer son sang à la place de ses reins défaillants.

« Les autres jours, je fatigue parce que je ne dialyse pas », souffle-t-il. L’ancien prof d’anglais de 65 ans ne le cache pas : il accepte mal sa maladie, une grave insuffisance rénale qui lui donne des idées noires. Mais si Jean-Luc est triste, il est surtout en rogne… « contre les conditions de prise en charge ».


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« C’est comme une mauvaise colo où tout le monde est branché en même temps, va faire pipi en même temps. Il n’y a pas d’autonomie, malgré le nom autodialyse », ironise-t-il, las de ses après-midi avec pour seule distraction la télé.

Mais ce qui tracasse le plus ce père de deux enfants, militant dans l’âme, ce sont les dépenses qu’il juge « inutiles » : « Je coûte un fric fou à la Sécu. Cela me révolte car j’ai un grand respect pour la dépense publique. » Dans son viseur, les quatre consultations de néphrologues facturées chaque mois à l’Assurance maladie, 25 euros chacune.

«C’est le système global qui dysfonctionne»

« Enfin, consultations… coupe-t-il. Les médecins passent dans la salle où nous sommes une dizaine, alignés : Bonjour, ça va ? Pas de problème ? Trois minutes par patient. Multipliez ces 100 euros par mois par plusieurs dizaines de malades et vous comprenez le gâchis financier. Entre dialysés, on rigole en se frottant le pouce et l’index et en mimant le bruit du tiroir-caisse, lorsque les médecins arrivent. »

Les faits (...)

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