L'abandon de poste privera-t-il bientôt d'indemnité chômage ?

Photo d'illustration. (Photo by PASCAL GUYOT / AFP)
Photo d'illustration. (Photo by PASCAL GUYOT / AFP)

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, soutient un amendement LR visant à limiter l'accès au chômage lors d'un abandon de poste.

Quitter son poste du jour au lendemain et ne plus revenir lorsque son employeur refuse une rupture conventionnelle, jusqu'à se faire licencier. La méthode dite de l'abandon de poste, qui permet à de nombreux salariés d'avoir droit à bénéficier de l’assurance-chômage, pourrait bientôt être de l'histoire ancienne.

Un amendement LR visant à durcir l'accès à l'indemnisation du chômage en cas d'abandon de poste, est en effet soutenu par le ministre du Travail Olivier Dussopt. Jusqu'à présent, en cas d'abandon de poste, un salarié est licencié pour faute, ce qui ne le prive pas de son droit à bénéficier de l’assurance-chômage. À l'inverse, en cas de démission, le droit droit à bénéficier de l’assurance-chômage n'est pas automatique, et ne s'obtient qu'à de très restrictives conditions.

Vers un alignement vers le bas ?

Face à ce déséquilibre de droits entre salariés démissionnaires et salariés abandonnant leur poste, le ministre a estimé qu'il y avait "une faille", devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée qui examine son projet de loi sur l'assurance chômage.

"Nous sommes ouverts à ce que ces conditions soient alignées", a-t-il ajouté, alors qu'un amendement LR a été déposé dans ce sens, tout en veillant "à ce que les salariés qui abandonnent leur poste pour des raisons de sécurité ne soient pas pénalisés". Un alignement des salariés abandonnant leur poste sur les droits des salariés démissionnaires donc, et non pas l'inverse.

LR estime que l'employé en "abandonnant son poste perturbe le fonctionnement de l'entreprise"

Dans l'amendement déposé par LR, les députés de droite assurent que "le salarié qui veut quitter son emploi pour se retirer du marché du travail tout en ayant pour objectif de conserver un revenu ne va pas démissionner mais simplement ne plus revenir au travail afin que l'employeur, de guerre lasse, procède à son licenciement. Et, alors que le démissionnaire est tenu par un préavis qui permet à l'employeur de s'organiser, l'employé fantôme, en abandonnant son poste du jour au lendemain, perturbe le bon fonctionnement de l'entreprise".

En 2017, lors de la première campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, le futur candidat avait promis d'ouvrir le droit au chômage à davantage de démissionnaires. 19 exceptions, listées dans un décret, permettent aux démissionnaires de toucher le chômage. Parmi elles, le fait de suivre un conjoint a concerné 14 000 cas en 2021, selon l'Unédic. Depuis 2019, la possibilité est également ouverte une fois tous les cinq ans à ceux qui ont un projet professionnel, ce qui a représenté 12 000 cas en 2021.

VIDÉO - Que prévoit la réforme de l'assurance chômage présentée en Conseil des ministres ?