«AAAAAHH !», chair de poule au pot façon grand-mère

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Cette 72e édition du Festival étant consacrée à la thématique du genre, rendons-lui hommage en allant assister, précisément, à un spectacle de genre. Nous aurions pu savourer le travail des Trois Hypnotiseurs, qui en guise de teasing endorment des passants en face du Monoprix de l’avenue de la République. Nous avons préféré nous rendre au Grand Pavois pour découvrir après tout le monde AAAAAHH !, la comédie d’épouvante qui en est à son troisième Avignon. Comment avions-nous pu rater cela !

Pour la modique somme de 20 euros, soit cinq de moins que le prix du Théâtre de la mort de Tadeusz Kantor aux éditions l’Age d’homme, le festivalier vit in concreto l’expérience de presque tout ce que le théâtre peut. D’abord, il attend dehors, et a la possibilité de s’asseoir sur les trottoirs toujours impeccablement lessivés de la cité des papes. Autour de lui, une faune d’une quarantaine de spectateurs respectables, essentiellement des jeunes et des familles, avoue venir se faire une frayeur. Car, oui, pour les hypersensibles qui n’ont rien vu au cinéma depuis le Manoir du diable de Georges Méliès en 1896, AAAAAHH ! peut procurer un début de frisson. A 22 h 30, nous pénétrons dans une salle complètement enfumée garnie de fauteuils rouges, dont un n’a plus d’assise. Le noir se fait, et voilà qu’un trio d’acteurs survolté, Héléna, Victor et Martin, vient nous projeter des flashs de lampe de poche dans les yeux. Ils se racontent que nous sommes au Brézou, que la jauge est un cimetière, que nous figurons les stèles, et lisent des épitaphes sur nos tee-shirts - n’importe quoi, surtout que l’étudiant à ma droite et la grand-mère à ma gauche ont des vêtements unis… Puis la pièce commence. Elle évoque sur le mode comique une histoire de fantômes et de maison abandonnée que les hommes du présent se font expliquer par de vieux journaux, et qui, perturbée par un rêve, s’achève sur une fausse fin. Le plus original ne réside toutefois pas dans l’histoire écrite par Laurent Tardieu, mais (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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