Les 887 virus pathogènes susceptibles de passer de l'animal à l'Homme

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

En 2018, l’OMS mettait en garde contre une possible « maladie X », une pathologie causée par un virus encore non connu et pouvant causer un « danger international ». Moins de deux ans plus tard survenait la pandémie de SARS-CoV-2 que personne n’avait vu venir.

C’est pour pallier cette lacune qu’une équipe de 400 scientifiques a lancé le projet Predict, un programme de l’Usaid, l’agence américaine pour le développement international. Ils ont entrepris de cataloguer 887 virus animaux issus de 25 familles virales différentes, et ont créé un site en libre accès baptisé SpillOver, qui évalue leur capacité à se propager chez l’humain en fonction de différents facteurs : nombre d’espèces hôtes, distribution géographique de ces espèces, types d’environnement dans lesquels elles vivent, capacité du virus à infecter les cellules humaines, fréquence d’interaction entre l’Homme et l’animal hôte, ou encore sévérité de la maladie causée par le virus. Au total, 32 facteurs de risque ont été identifiés et classés selon leur importance. Un indice de dangerosité a ensuite été établi pour donner un classement des virus les plus susceptibles de se propager à l’Homme.

Classement des 20 virus les plus dangereux (le symbole avec la croix signifie que le virus a déjà infecté l’Homme). © CD, d’après Zoë L. Grange et al., PNAS, 2021
Classement des 20 virus les plus dangereux (le symbole avec la croix signifie que le virus a déjà infecté l’Homme). © CD, d’après Zoë L. Grange et al., PNAS, 2021

Un autre virus SARS très menaçant

Le modèle s’avère parfaitement prédictif puisque les 12 premiers du classement sont des zoonoses déjà connues, c’est-à-dire que le virus s’est effectivement déjà propagé à l’Homme. On remarque que le SARS-Cov-2 est classé seulement deuxième, ce qui peut paraître étonnant au vu de la pandémie mondiale qu’il a causée. Ce rang s’explique en réalité par le manque de données dont on dispose sur les hôtes possibles de ce virus — seuls quelques cas de tigres, lions et visons ont été documentés et on ne connaît toujours pas l’animal à l’origine de la contamination chez l’Homme. Un autre coronavirus de type SARS...

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