80 ans du Débarquement: «Une sorte de rite tribal» auquel la Russie n'est pas conviée

Il y a 80 ans, les troupes alliées débarquaient sur les côtes normandes pour libérer la France du régime nazi. Les cérémonies étalées sur trois jours connaissent leur point d'orgue jeudi 6 juin avec la présence de plusieurs dizaines de chefs d'État et de gouvernement, où l'absence de la Russie est déjà un événement en soi. Michel Duclos, conseiller spécial à l'Institut Montaigne et auteur de Diplomatie française (éd. Alpha) décrypte la situation.

RFI : Que représentent ces cérémonies d'anniversaire du Débarquement pour les États qui y participent ?

Michel Duclos : Je dirais qu'il y a un caractère quasi anthropologique dans ces cérémonies. C’est une sorte de rite tribal qui rappelle en quelque sorte les fondamentaux qui réunissent le monde libre. C'est une célébration de la solidarité entre les deux rives de l'Atlantique à un moment où celle-ci ne va plus de soi. D’ailleurs, ça n'est jamais allé complètement de soi. Il faut se souvenir que lorsque de Gaulle était président de la République, il considérait que la France ne devait pas trop célébrer ses libérateurs puisqu’elle devait compter sur elle-même.

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De ce point de vue, l’absence de la Russie cette année est significative. Pourquoi la France a-t-elle fini par renoncer à inviter ses diplomates ?


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