80 000 personnes contre la réforme de la justice en Israël, “un pays où même les juges manifestent”

AMIR COHEN / REUTERS

La pluie tombée samedi soir sur Tel Aviv n’a finalement pas eu d’impact sur le rassemblement, le deuxième en une semaine. “Tout le monde devrait venir avec un drapeau israélien dans une main, un parapluie dans l’autre et venir défendre la démocratie et la loi en Israël”, avait tweeté l’ancien ministre de la défense Benny Gantz. “C’est ce que beaucoup ont fait”, constate le Middle East Eye.

Environ 80 000 personnes se sont rassemblées sur la place Habima, manifestant contre le controversé projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Dans la foule, Ayala Procaccia, ancien juge de la cour suprême. “Un pays où les juges sortent dans la rue pour manifester est un pays où toutes les lignes ont été franchies”, a-t-il clamé.

Depuis son investiture il y a deux semaines, le gouvernement très marqué à droite de Netanyahou “s’est embarqué dans une série d’initiatives législatives”, note le Washington Post. Le camp au pouvoir parle de corriger des déséquilibres dans les trois branches du gouvernement. Mais, précise le quotidien américain, “les critiques disent que ces mesures s’apparentent à un coup d’État qui détruira le système de séparation des pouvoirs, sauvera Netanyahou de l’inculpation dans trois cas de corruption et encouragera ses partenaires extrémistes religieux à mettre en avant des législations soutenant l’expansion de colonies juives en Cisjordanie”.

La réforme propose par exemple, indique Haaretz, de laisser le parlement passer outre une décision de la cour suprême invalidant une loi ou d’introduire plus d’hommes et femmes politiques dans le comité qui nomme les juges.

“Bibi rentre chez toi ! ”

“On commence à ne plus reconnaître notre pays”, a confié au Times of Israel Reut, venue avec trois générations de sa famille. “On n’aime pas ce qu’il se passe. Je ne sais pas si manifester changera quelque chose mais si on ne fait rien, c’est sûr, rien ne changera”, a-t-elle encore expliqué.

La foule a chanté des slogans comme “Bibi rentre chez toi ! ”, “honte” et “démocratie”, décrit le Jerusalem Post. “Après une semaine de tension croissante et de rude rhétorique”, le quotidien souligne que les organisateurs ont refusé d’avoir des politiciens actifs à la tribune pour apparaître le moins partisan possible.

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