75e anniversaire de la libération d'Auschwitz : des survivants de la Shoah et leurs enfants face à la transmission de la mémoire

franceinfo, Victor Matet

Longtemps elle n'a rien dit de son histoire à ses proches. "Dans la famille, on protège les enfants", dit sobrement Eveline Szpirglas, 91 ans, déportée à Auschwitz en 1944. Comme la plupart des survivants elle a préféré garder le silence face à la difficulté de raconter l’horreur de la déportation et des camps de la mort à sa propre famille. Depuis deux ans, Eveline Szpirglas vit au Mans, dans la grande maison de l’un de ses fils. Bruno. "C'était tabou. Il fallait respecter les souvenirs, le silence... Le silence est un droit", explique-t-il.

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Enfant, Colette Cohen n’a pas connu ce droit au silence. Sa mère, juive polonaise, est passée dans les ghettos avant d’être déportée et séparée de ses parents dès leur arrivée à Auschwitz. Eux sont envoyés à la chambre à gaz. "Sa mère lui a dit : surtout, ne soit pas triste, c'est normal que les parents partent avant les enfants."

Cette histoire, les camps, la déportation, n'a rien d'un secret pour Colette, enfant : "Ma mère me racontait. Elle passait sa vie à le faire quand j'étais petite plutôt que de me raconter Le Petit Chaperon rouge ou toute autre histoire… Les nazis, les kapos, vivaient avec nous et (...)

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