Les "75 feuillets" de Proust : "C'est comme quand on découvre une crypte sous une église mérovingienne"

Carine Azzopardi
·1 min de lecture

Jean-Yves Tadié, écrivain et professeur, est l'un des grands spécialistes de Marcel Proust en France. Il a écrit la préface des Soixante-quinze feuillets et autres manuscrits inédits qui paraissent aujourd'hui chez Gallimard. Lorsqu'il a pour la première fois découvert ces écrits extraordinaires de Proust, qui sont rien de moins que la genèse de A la recherche du temps perdu, il a ressenti une grande émotion personnelle, qu'il nous fait partager.

Franceinfo Culture : Vous doutiez-vous de l'existence de ces inédits de Proust ?

Jean-Yves Tadié : Absolument, on s'attendait toujours à les voir réapparaître, et puis, après la mort de Bernard de Fallois, la personne qui les détenait, on en a disposé, et on a pu publier ce qui est la première étape d'A la recherche du temps perdu. C'est vraiment le premier jet. C'est, selon la formule de Michelet, le "moment sacré où le grand écrivain commence à écrire". En général, on ne connaît pas ce moment. Là, justement, on l'a. Après deux ans où Proust n'a plus écrit, car la mort de sa mère l'a bouleversé, brusquement il se remet à ce qui a toujours été son projet depuis sa jeunesse : celui de faire un roman.

N'avait-il rien écrit avant ?

Il avait essayé avant. Il avait écrit des nouvelles, Des plaisirs et des jours, il avait alors 24 ans. Il avait fait un roman de mille pages, Jean Santeuil, qu'il ne publie pas parce qu'il n'est pas satisfait et qu'il abandonne en 1899 quand il a 28 ans. Et là, nous sommes à peu près dix ans plus tard. (...)

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