Il y a 75 ans, l’effroyable docteur Petiot était condamné à mort

Par Frédéric Lewino
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Le docteur Marcel Petiot durant son procès, en mars 1946. Au premier plan, assis, son avocat, Me René Floriot.
Le docteur Marcel Petiot durant son procès, en mars 1946. Au premier plan, assis, son avocat, Me René Floriot.

Encadré par deux gendarmes, l'homme ne paie pas de mine dans son costume clair. Les cheveux sont bruns, la peau est très pâle. Un nez pointu domine une bouche mince et cruelle. Il s'assoit calmement avant de jeter un regard méprisant sur la vaste salle du tribunal. Il rajuste d'une main ferme son n?ud papillon. Ils sont tous là à attendre sa mise à mort. Il ricane intérieurement. Il sait que, comme à son habitude, il s'en tirera.

Cet homme, qualifié de « Satan » par l'opinion publique, n'est autre que le docteur Marcel Petiot. Le bon docteur Petiot qui savait soigner les enfants avec douceur, mais aussi les gazer sans manifester la moindre émotion. Pour Le Figaro, ce fut l'un « des plus grands procès de l'histoire criminelle ». C'était le monde d'avant, où la guillotine tranchait encore. Nous sommes en 1946.

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Jack l'Éventreur, du pipi de chat

L'acte d'accusation lui reproche d'avoir commis 27 assassinats entre 1942 et 1944, dont ceux d'une douzaine de juifs et de quatre proxénètes accompagnés chacun de sa compagne. À l'écoute de ce bilan, Petiot hausse les épaules avec dédain. Lui revendique 61 victimes. Les Anglais, avec leur Jack l'Éventreur et ses sept malheureuses prostituées poignardées, peuvent aller se rhabiller. C'est du pipi de chat !

Mais, s'il avoue ses crimes, c'est parce qu'il a une justification toute prête. Il prétend avoir été à la tête d'un réseau de résistance et que ses victi [...] Lire la suite