737 MAX: le régulateur américain accuse Boeing de dissimulation

Aux États-Unis, l'Agence fédérale de régulation (FAA) accuse le constructeur Boeing de lui avoir caché le contenu d'un échange entre deux pilotes qui montraient dès 2016 une défaillance du système automatique mis en cause dans les deux crashs qui ont fait 346 morts.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Cloué au sol depuis deux accidents successifs l’année dernière, le 737 MAX de Boeing n’est pas prêt de reprendre son envol. Les difficultés du constructeur se sont amplifiées ce 18 octobre après la révélation d’un échange de messages entre pilotes montrant les problèmes du système automatique mis en cause dans les deux crashs de l’appareil qui ont causé la mort de 346 personnes.

L’échange entre les deux pilotes, sur une messagerie instantanée, date de 2016, soit deux ans avant la certification du système automatique et les deux crashs. « Le système automatique déraille » écrit le premier. Le second lui répond :« C’est flagrant ». L’un des pilotes ajoute : « Si je comprends bien, j’ai menti aux régulateurs ». « Personne ne nous avait dit que c’était comme ça », conclut son interlocuteur.

« Conduite criminelle »

Ces messages n’ont été transmis par Boeing que le 17 octobre à l’Agence fédérale de régulation (FAA) qui accuse désormais la compagnie de les lui avoir cachés. « J'attends vos explications immédiatement », a aussitôt réagi l’administrateur de la FAA.

Depuis des mois, la compagnie aérienne maintient que son système a été certifié dans les règles et que rien ne pouvait suggérer son manque de fiabilité. Le contenu de ces messages indique l’exact contraire.

« Cela commence à ressembler à une conduite criminelle », a commenté Peter de Fazzio, qui préside l’enquête lancée sur les problèmes du 737 MAX à la Chambre des Représentants. Le patron de Boeing doit témoigner à ce sujet pour la première fois devant le Congrès avant la fin du mois.

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