71% des parents ont déjà offert des jeux de grattage à leurs enfants

Ambre Lepoivre
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En 2013, les jeux de grattage ont rapporté près de 5,6 milliards d'euros à la Française des Jeux. - -
En 2013, les jeux de grattage ont rapporté près de 5,6 milliards d'euros à la Française des Jeux. - -

Ils n'ont pas atteint la majorité et pourtant, ils ont déjà participé à des jeux d'argent. Si les enfants et adolescents ne peuvent acheter de Cash, Astro, Loto ou Banco dans les bureaux de tabac, 41% de leurs parents leur en ont déjà proposés, selon une enquête Harris Interactive dévoilée par Le Parisien. La proportion est un peu plus importante (plus d'un parent sur deux) quand les adultes sont eux-mêmes consommateurs des jeux d'argent.

D'après le sondage, 71% des parents reconnaissent avoir déjà offert à leurs enfants mineurs des jeux de grattage sans raison particulière, 30% en guise de cadeau de Noël et 23% pour leur anniversaire. Mais ils ne sont pas les seuls à susciter l'intérêt des plus jeunes et de leurs parents. Ainsi, 28% des adultes qui jouent à la loterie ont déjà proposé à leurs enfants d'y jouer (contre 17% pour les parents qui n'y jouent pas régulièrement), 18% les ont invités à jouer aux paris sportifs en ligne (contre seulement 2% du côté des parents qui ne pratiquent pas cette activité).

De la même manière, 16% des parents qui naviguent régulièrement sur des sites de casino en ligne ont proposé à leurs enfants de se joindre à eux (contre seulement 1% des adultes qui n'y jouent pas eux-mêmes). Des proportions importantes quand 93% des parents considèrent que les jeux d'argent sont une activité "dangereuse" pour les moins de 18 ans. Un sentiment largement partagé par l'Autorité nationale des jeux (ANJ) et l'Union nationale des associations familiales (Unaf).

"Risque de jeu pathologique"

"Plus l'initiation aux jeux est précoce, plus le risque de jeu pathologique, d'addiction, est important", souligne à nos confrères Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l'ANJ, qui appelle les parents à la "vigilance" et à faire preuve de "responsabilité".

Les organismes ont signé ensemble mardi une convention de partenariat pour "renforcer leur coopération en matière de prévention du jeu excessif et de protection des mineurs". L'un de leurs objectifs est notamment de créer des supports de sensibilisation à diffuser aux familles afin de leur inculquer les bonnes pratiques sur les jeux d’argent et l'attention particulière à apporter aux mineurs. Isabelle Falque-Pierrotin compte en effet apporter une réponse à ce phénomène par "l'éducation, le dialogue".

De plus, la publicité autour "des tickets à gratter se rapproche parfois de l'univers des jeux vidéo quand ils sont en ligne ou des super-héros appartenant à la culture transgénérationnelle", explique au quotidien Olivier Andrieu-Gérard, coordonnateur du pôle Médias-usages numériques à l'Unaf. L'organisme souhaite donc que les publicités faisant les louanges des jeux d'argent soient mieux encadrées afin d'être moins attractives pour les mineurs.

Etude réalisée en ligne du 17 novembre au 7 décembre auprès d'un échantillon de 2038 personnes, représentatif des parents d'enfants âgés de 10 à 17 ans selon la méthode des quotas.

Article original publié sur BFMTV.com