70e Cannes, «labo» ou beaux restes ?

Libération.fr

Quelle est la portée exacte d’un missile nord-coréen ? Si l’on en croit Pierre Lescure, pas assez loin pour mettre sérieusement en péril la dolce vita de la Croisette. Tout juste le président de la grand-messe cinéphile cannoise a-t-il exprimé jeudi matin le souhait que les convulsions de Donald Trump, «la Syrie ou la Corée du Nord ne viennent pas ombrer la fête» de la 70e édition du Festival. Dans une allocution ouvrant la conférence de presse d’annonce de la sélection officielle, qu’il a voulue plus empreinte de sobriété-solennité-gravité bien habillée que jamais - il nous en voudrait beaucoup de rappeler ici à nouveau ses discours d’introduction passés, dévolus aux sponsors trop cool ou aux «welcome bacchanales» trop sympa à destination de l’insolente presse accréditée -, Lescure a également évoqué l’insoutenable «suspense» de la«séquence politique» française. Entre promesse «d’un nouveau président ou d’une nouvelle présidente» parachuté(e) sur le tapis rouge et la proximité de très incertaines législatives, le cocktail socca-champagne et la couverture médiatique de la fiesta pourraient ne pas avoir tout à fait la même saveur en fonction du verdict des urnes.

Le sélectionneur en mégachef Thierry Frémaux a dégainé ses choix et son chapelet de punchlines cinglantes sur le«vivre-ensemble», les «films qui donnent des nouvelles» d’un tas de pays desservis uniquement par Malaysia Airlines et Aeroflot, les films «qui visitent» des thèmes et des trucs, d’autres qui «interpellent» parce que «ce n’est pas le Festival qui est politique, c’est les films qui le sont», les «abonnés» qui reviennent tous les deux ans - mais c’est la faute des 1 842 autres qui font de la merde.

Au rang des films de taille à se mesurer à la toise cannoise, quelques nouveaux venus, beaucoup d’attendus, guère d’inconnus, en tout cas sur le front des prétendants à la palme d’or appelés à être jaugés par le jury d’Almodóvar. Comme l’an dernier avec notamment Toni Erdmann et Aquarius, ce sont les rares (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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