"648 détenus radicalisés": Éric Dupond-Moretti fait le point sur la surveillance dans les prisons françaises

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Le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, sur BFMTV le 8 septembre 2021. - BFMTV
Le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, sur BFMTV le 8 septembre 2021. - BFMTV

Depuis les attentats de 2015, la lutte contre la radicalisation en prison est devenue une priorité, passant d'une simple gestion carcérale à un système de prise en charge serrée. A ce jour, sur les quelque 68.000 détenus en France, on compte "454 personnes incarcérées pour des faits de terrorisme et 648 détenus radicalisés", a indiqué le ministre de la Justice, invité ce mercredi sur BFMTV et RMC.

"Ils sont tous suivis dès leur entrée en prison, avec une détention adaptée à leur dangerosité", a affirmé Eric Dupont-Moretti.

Identifier les risques

Dans de tels cas, trois "risques" sont à prendre à compte: celui de passage à l'acte violent en détention, le risque de prosélytisme (une question qui ne se posait avec les précédents profils "terroristes" qu'a connus la pénitentiaire, comme les détenus corses ou basques), et enfin la délicate question des "sortants" de prison - 120 en 2020, au moins 59 en 2021, selon les chiffres de l'administration pénitentiaire.

"Nous avons créé un texte qui permet de les suivre judiciairement [pendant cinq ans maximum, ndlr] après leur remise en liberté. Il y a, cumulativement à ces mesures, le suivi opéré par les services de renseignements", a détaillé le garde des Sceaux.

Etablir des pronostics

Mais avant d'envisager cette sortie, l'administration pénitentiaire a mis en place depuis 2016 des "quartiers d'évaluation de la radicalisation" (QER). Il en existe six en France, et la "quasi-totalité" des détenus TIS ("terrorisme islamiste") y sont désormais passés, explique à l'AFP Naoufel Gaied, chef de la mission de lutte contre la radicalisation violente à l'administration pénitentiaire.

Une fois les détenus évalués en QER, ceux pour qui le "pronostic" de passage à l'acte est assez faible retournent en détention ordinaire (environ 80%). Ceux présentant un fort potentiel de dangerosité ou d'attaque sur le personnel (environ 10%) sont placés en quartier d'isolement. Ceux qui sont "fortement imprégnés idéologiquement" mais qui ne présentent pas un risque "grave et imminent" d'agression sont redirigés vers des quartiers de prise en charge de la radicalisation (QPR), où interviennent notamment éducateurs, psychologues et médiateurs du fait religieux. Il existe 6 QPR en France, pour une capacité totale de 189 places.
Pour une poignée de détenus TIS en revanche, "on n'a pas besoin de QER pour savoir qu'ils présentent un haut risque de violence ou d'influence", précise-t-il. C'est le cas de Salah Abdeslam, unique survivant des commandos du 13-Novembre et principal accusé du procès des attentats qui s'ouvre mercredi à Paris, détenu à l'isolement à Fleury-Mérogis, sous surveillance vidéo 24H/24.

Article original publié sur BFMTV.com

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