6000 classes fermées: les conséquences du Covid-19 à l'école inquiètent parents et enseignants

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Une salle de classe d'école (photo d'illustration) - Wikimedia Commons
Une salle de classe d'école (photo d'illustration) - Wikimedia Commons

"On est assez surpris par la vitesse à laquelle se propage l’épidémie dans les écoles", confie Guislaine David, co-secrétaire générale du syndicat enseignant SNUipp-FSU. En pleine cinquième vague épidémique, les établissements primaires et maternelles semblent être touchés de plein fouet par l’épidémie, qui justifie à un rythme de plus en plus soutenu les fermetures de classes. Jusqu'à présent, le protocole sanitaire établit que la découverte d’un cas positif dans une classe de maternelle ou primaire entraîne sa fermeture immédiate.

À l’Assemblée ce mardi, les chiffres présentés par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, viennent illustrer le phénomène. "Au moment où je vous parle, 6000 classes sont fermées". Lors du dernier point réalisé vendredi dernier, ce chiffre s’élevait à 4000.

876450610001_6283400330001 "Ces chiffres sont bien ceux que l’on craignait. D’autant que parmi les 4000 classes qui étaient fermées vendredi, nombre d’entre elles ont rouvert lundi. Car quand une classe est fermée, elle ne l’est que durant une semaine. Il n’y a donc pas 2000 classes en plus qui ont fermé leur porte depuis vendredi, mais bien plus", analyse Hubert Salaün, porte-parole de la fédération des Parents d'Élèves de l'Enseignement Public (PEEP).

Les règles vont bientôt changer

Début octobre, 10 départements avaient initié une expérimentation, visant à ne plus fermer une classe dès le premier cas positif, mais à tester tous les élèves, en isolant seulement les cas positifs. C'est cette solution qu'a retenue le gouvernement, puisqu'il doit annoncer ce jeudi l'arrêt des fermetures automatiques de classes dès le premier cas de Covid-19, d'après nos informations.

Le 14 novembre, le masque a fait son retour dans tous les établissements scolaires, les sports de contact ont été interdits et le brassage entre les niveaux limité, dans le cadre du basculement en niveau 2 du protocole sanitaire.

Selon Guislaine David, ces chiffres de fermetures des classes peuvent s’expliquer par "le nombre de cas chez les enfants, qui devient de plus en plus important". Les dernières données publiées par Santé publique France ont en effet révélé une forte hausse du taux d'incidence chez les enfants âgés de 6 à 10 ans, de près de 150% en une semaine.

Tester massivement en classe?

Face à une dynamique qui semble être appelée à se renforcer, et alors que le gouvernement s’apprête à annoncer de nouvelles mesures pour juguler la vague ce jeudi, les syndicats réclament la massification des tests à l’école.

"Nous portons l’idée que les élèves se fassent tester deux fois par semaine, avec des tests salivaires, pour donner une vision quotidienne de l’état de la pandémie dans l’éducation nationale. Le ministre Blanquer en avait promis 600.000, la semaine dernière, seulement 140.000 ont été réalisés… On sent bien que l’Education nationale n’a pas la force de soulever les bons leviers. Demander un tel nombre de tests, cela revient aujourd’hui à écrire une lettre au Père Noël", ironise Hubert Salaün. 876450610001_6283522333001

Inquiétude sur le niveau des élèves

L'arrêt de la fermeture automatique des classes pourrait diminuer l'angoisse quant au suivi pédagogique à distance des élèves. "Pour le premier degré, c’est extrêmement compliqué de faire classe à distance… Imaginez des petits de CP, CE1… Il faut constamment être à côté d’eux. D’autant que les problèmes de formations et de moyens concernant le numérique à l’école n’ont pas été réglés", tance Guislaine David.

"Les parents sont très inquiets. D’abord, car ils ont peur de passer pour le mauvais élève en demandant à leur employeur des jours pour s’occuper de leurs enfants, mais aussi pour leur niveau scolaire. Pour les élèves ayant fait leur rentrée en seconde en septembre 2019, ils auront réalisé l’intégralité de leur lycée dans des conditions très spéciales", juge aussi Hubert Salaün. 876450610001_6283556795001

Interrogé ce mercredi sur la possibilité de passer au niveau 3 le protocole sanitaire dans les écoles, ce qui entraînerait une "hybridation" des enseignements dans les lycées, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré: "Je n'exclus jamais rien par principe pour l'avenir".

Article original publié sur BFMTV.com

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